L’économie du N.-B. tourne au ralenti

FREDERICTON – Le Conseil économique des provinces de l’Atlantique (CÉPA) estime que l’économie du Nouveau-Brunswick connaîtra une croissance très modeste au cours des cinq derniers mois de 2012.

L’analyste Fred Bergman, l’un des principaux auteurs du rapport sur l’état de l’économie dans l’Atlantique, souligne que pour les sept premiers mois de l’année 2012, soit de janvier à juillet, la croissance de l’emploi a été presque nulle dans la province par rapport à la même période l’an dernier.

«Dans la première moitié de 2012, les choses se sont déroulées au ralenti sur le plan économique au Nouveau-Brunswick», constate M. Bergman.

Mais l’activité économique de la province est loin d’être uniforme.

En utilisant les données de Statistique Canada, le rapport révèle que c’est à Moncton que la croissance de l’emploi a été la plus forte avec une augmentation dépassant 5,5 %.

Par contre, à Saint-Jean, le nombre d’emplois a reculé de 2,5 %. Il a aussi diminué de 1,5 %  dans la Péninsule acadienne et de 1 % à Fredericton.

Dans l’ensemble de la province, l’emploi ne s’est amélioré que de
0,4 % de janvier à juillet par rapport à la même période l’an dernier.

«Le Nouveau-Brunswick a connu un bon mois en ce qui concerne le marché du travail. En mai, près de 357 000 personnes avaient un emploi, mais depuis, il y a eu un recul, si bien que les statistiques de juillet indiquaient que 353 000 personnes avaient un emploi», souligne Fred Bergman.

C’est d’ailleurs la faiblesse du marché du travail qui explique la prudence des consommateurs et la performance anémique du secteur de la vente au détail.

Les mises en chantier dans la construction domiciliaire avaient été faibles en 2011, mais ont connu un regain en 2012.

Toutefois, c’est encore une fois à Moncton que tout se passe alors que l’on constate que les mises en chantier vont bon train en ce qui a trait aux complexes immobiliers, tandis que les nouvelles demeures unifamiliales sont moins nombreuses.

Ça ne va pas bien non plus dans le domaine des exportations qui n’ont augmenté que de 4,3 % de janvier à mai, plaçant le Nouveau-Brunswick au huitième rang sur les dix provinces à ce chapitre.

Et comme si ce n’était pas suffisant, le CÉPA, qui fait rarement des prévisions à moyen terme, prévient que les réductions d’effectifs dans la fonction publique fédérale vont constituer un risque pour les économies des quatre provinces de l’Atlantique au cours des trois prochaines années.

L’organisme indique également que pour le moment, ce sont Terre-Neuve-et-Labrador ainsi que l’Île-du-Prince-Édouard qui ont les économies les plus fortes, alors que la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick font figure de parents pauvres.

Toutefois, si le mégacontrat de construction navale accordé par le gouvernement fédéral permet aux Néo-Écossais d’envisager l’avenir avec optimisme, ce n’est pas avant 2015 que l’on va commencer à voir les chantiers s’animer.

Et une fois lancées, les activités vont s’y poursuivre pour plusieurs années, allant même au-delà de 2030 selon Fred Bergman.

L’analyste souligne que la division navale d’Irving a en ce moment quelque 115 fournisseurs basés au Nouveau-Brunswick, ce qui va sûrement aider l’économie locale, mais dans une proportion qui n’aura rien à voir avec les retombées attendues en Nouvelle-Écosse.