Crise du homard: le calme après la tempête

SAINT-LOUIS-DE-KENT – Le calme semble installé dans la zone 25 (détroit de Northumberland).

Après un début de saison houleux, il y a accalmie, du moins pour l’instant, dans le détroit de Northumberland.

La plupart des homardiers étaient toujours limités à 800 livres lundi et ils n’ont pas eu besoin de demeurer longtemps sur la mer pour récolter cette quantité de crustacés.

«J’ai levé environ 60 cages et j’avais 1000 livres. À 9 h ce matin, mon bateau était amarré au quai. J’ai donné 100 livres à mon père et j’en ai ramené 100 livres à la maison», a indiqué le président de la Coopérative des pêcheurs de Richibouctou-Village, Bobby Maillet.

Le porte-parole des manifestants, Maurice Martin, en est un autre qui a facilement débarqué 800 livres lundi.

«Nous sommes certainement frustrés, car nous ne sommes pas habitués à cela. Nos casiers sont pleins de homard et nous ne pouvons pas les pêcher. J’avais 800 livres dans 100 trappes ce matin», a-t-il dit.

La semaine dernière, l’histoire de la limite non respectée par au moins un acheteur de Richibucto a soulevé la colère parmi les homardiers.

«La première journée et la deuxième journée, j’ai été limité à 800 et 500 livres respectivement. La troisième journée, je ne pouvais pas pêcher, car les transformateurs n’achetaient pas. Pendant ce temps, certains pêcheurs avaient déjà vendu 6000 livres après deux jours. Ce fut difficile à accepter pour plusieurs», a résumé Maurice Martin.

Le porte-parole assure toutefois que la situation est revenue à la normale.

«C’est pas mal tranquille, a-t-il dit. Après la saison de pêche, il faudra se mettre ensemble et travailler pour trouver des solutions pour sauver la pêche.»

De son propre gré, M. Martin a décidé d’augmenter la taille minimale du homard qu’il ramène au quai.

Sa mesure est passée de 71 à 73 millimètres.

«Si cela peut aider les usines, qui disent ne pas pouvoir vendre du 71 mm, ça ne me dérange pas. Je peux me permettre de le faire en ce moment. J’aimerais que les autres pêcheurs fassent ainsi», a-t-il fait savoir.

Le directeur de l’Union des pêcheurs des Maritimes, Christian Brun, confirme que le tout est en train de se replacer.

«Il y a des petites choses qui dérangent. Les pêcheurs suivent le rythme des usines qui déterminent les limites. Nous encourageons les usines à donner leurs messages très clairement. Le tout est un peu fragile, mais il y a une certaine normalité qui est revenue», a-t-il lancé.