Lien Moncton-Bathurst du CN: les libéraux lancent un cri d’alarme

FREDERICTON – L’opposition libérale lance un cri d’alarme afin d’éviter la fermeture du lien ferroviaire entre Moncton et Bathurst.

Le député de Bathurst, Brian Kenny, estime que l’annonce de la fin de la liaison ferroviaire entre Moncton et Bathurst va porter un dur coup à l’économie du nord du Nouveau-Brunswick.

Bien que cette annonce soit récente, le député libéral s’est adressé au ministre du Développement économique, Paul Robichaud, en Chambre, en mai, au sujet de cette éventualité.

«Et la réponse de M. Robichaud a été de dire que ce n’est pas un dossier provincial, «appelez votre député fédéral», a-t-il lancé. Je ne suis pas content de cette réponse et maintenant, c’est très important pour le gouvernement de faire quelque chose», a déploré M. Kenny.

Selon M. Kenny, bien que l’on annonce que la fermeture de ce tronçon n’aura lieu que dans plusieurs mois, il faut agir maintenant.

Il est d’avis qu’une fois disparu, ce lien ferroviaire ne pourra jamais être rétabli.

Du côté du gouvernement, c’est le ministre des Transports et de l’Infrastructure, Claude Williams, qui pilote le dossier.

Lui aussi se dit préoccupé par la possible disparition de la liaison ferroviaire entre Moncton et Bathurst.

«La ligne dessert plusieurs communautés et avec l’annonce du CN d’enregistrer son intention de l’abandonner, certainement, ce ne sont pas de bonnes nouvelles», a reconnu le ministre.

Il explique que le CN a pris la charge de ce tronçon ferroviaire au moment de la crise de 2008 et que, depuis, elle fonctionne à perte.

Victime des fermetures d’entreprises des secteurs qu’elle dessert, le tronçon n’a jamais retrouvé le chemin de la rentabilité.

Le CN doit observer une période de 18 mois au cours de laquelle il est tenu d’entretenir la ligne.

Cette période sera employée par les principaux intervenants afin de trouver un moyen de la maintenir en service.

«Le CN nous avait déjà indiqué qu’il perdait de l’argent avec ce tronçon. Alors, nous n’avons pas attendu à la onzième heure pour chercher des solutions. En mai dernier, on a mis un groupe de travail en place dont les coprésidents sont le ministre du Développement économique, Paul Robichaud, et moi-même. Aussi, à ce comité, il y a le CN, Via Rail, l’APÉCA (l’Agence de promotion économique du Canada atlantique), ainsi que les représentants des agences économiques du nord de la province. Nous allons travailler en étroite collaboration avec le secteur privé et les communautés qui sont desservies ou qui souffriraient de l’abandon de la ligne», a expliqué Claude Williams.

Le ministre explique que le travail porte sur un plan d’affaires qui vise à assurer la rentabilité de ce lien ferroviaire.

Et les passagers dans tout cela?

FREDERICTON – Il n’y a pas que le CN qui soit en cause: il y a aussi Via Rail et les usagers du service de trains de passagers.
À cela vient s’ajouter la problématique du transport par autocar que la compagnie Acadian a décidé d’abandonner à cause d’un cadre réglementaire trop strict qui l’empêche de rentabiliser son réseau au Nouveau-Brunswick.
Le ministre Claude Williams trouve bonne l’idée de rendre les services ferroviaires et par autocar des éléments complémentaires de la stratégie du transport des passagers dans la province.
Il pense que de plus petits transporteurs pourront à leur tour desservir les plus petites localités.
«Il y a déjà des plus petits entrepreneurs qui offrent déjà le service, entre autres, il y en a un qui fait la liaison entre Shediac et Moncton. Donc, de petits entrepreneurs peuvent lancer des opérations afin de voir à ce que les petites communautés puissent être reliées aux centres urbains. Il y a donc différents scénarios possibles», a indiqué le ministre.
Il ajoute que des membres importants de son personnel examinent diverses possibilités en regardant notamment ce qui se fait ailleurs. – PM