Les dettes de fin d’études inquiètent les étudiants du postsecondaire

FREDERICTON – Les milieux universitaires de la province ne sont pas à l’abri de la tourmente comme celle que vit le Québec depuis le printemps si l’on en juge par des gestes concrets faits à la fois par les professeurs et les étudiants.

D’abord, la Fédération des associations de professeures et de professeurs d’université du Nouveau-Brunswick, la FAPPUNB, va envoyer, d’ici la fin de la semaine, des demandes en vertu de la Loi sur le droit à l’information et la protection de la vie privée aux quatre universités publiques de la province.

Les professeurs veulent connaître les montants des salaires qui sont versés au personnel de leurs administrations respectives.

Le président de la FAPPUNB, Rick Hudson, note que le nombre d’administrateurs ne cesse d’augmenter dans les universités publiques, mais qu’il est impossible de savoir si cela a permis d’améliorer les services offerts par ces établissements.

«Depuis plusieurs années, le nombre d’administrateurs a beaucoup augmenté, et ce serait utile, je crois, pour le public de déterminer ce que ces augmentations du nombre d’administrateurs ont signifié en matière de coûts et si on a des bénéfices qui répondent à ces coûts-là», souligne M. Hudson, professeur à l’Université Mount Allison.

La directrice générale de la fédération, Elizabeth Hans, fait quant à elle remarquer qu’en Ontario et en Nouvelle-Écosse, le salaire de toute personne employée par une université qui dépasse les 100 000 $ par année est publié.

Les universités sont, depuis le 1er septembre, assujetties à la Loi sur le droit à l’information et la protection de la vie privée.

Les étudiants, qui se plaignent du fait que trop de fonds sont alloués à l’administration plutôt qu’à l’éducation, vont sûrement se réjouir si ces chiffres sont dévoilés.

Andrew Martel, président de l’Association des étudiants de l’UNB, est d’avis que les hausses des droits de scolarité n’entraînent aucune amélioration de la qualité de l’enseignement ou des services aux étudiants.

«En parlant aux autres associations étudiantes au Nouveau-Brunswick, on s’aperçoit qu’on paie plus et on veut une meilleure qualité (d’enseignement et de services), mais ce n’est pas ça qu’on voit. On voit que tout reste tel quel et des fois, on perd même de la qualité. Mais on paie de plus en plus», déplore M. Martel.

Alward évincé

FREDERICTON – Les associations étudiantes de l’Université St. Thomas et de l’Université du Nouveau-Brunswick à Fredericton, qui occupent des campus adjacents dans la capitale ont décidé de faire un geste symbolique afin de démontrer leur grogne face aux droits de scolarité.
Cette année, elles ne publieront pas le message du premier ministre David Alward dans leur agenda annuel.
En lieu et place se trouvera un message décrivant aux étudiants les décisions du gouvernement Alward qui, à leur avis, sont nuisibles aux étudiants de niveau postsecondaire.
«Le gouvernement nous dit toujours que les hausses des droits de scolarité sont seulement des petites hausses, comme de 200 $ par exemple. Mais au cours des deux dernières années, le total des hausses atteint 375 $. Et au Nouveau-Brunswick, on voit qu’on est deuxièmes pour les droits de scolarité les plus élevés au Canada», souligne Andrew Martel, président de l’Association des étudiants de l’UNB.
La grogne dans les milieux universitaires du Nouveau-Brunswick couve donc depuis déjà un bon moment.
Et la venue prochaine de la Coalition large de l’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (CLASSE) semble tomber à point nommé.
La CLASSE a été un des acteurs principaux du mouvement de grèves étudiantes qui a secoué le Québec au printemps. Ses représentants seront à Moncton et à Fredericton les 19 et 20 septembre.
«Le mouvement qui s’est passé au Québec, c’est comme un gros réveil pour la majorité des étudiants et la majorité des associations comme la nôtre», constate Andrew Martel. – PM
 

Dette étudiante: un fardeau de plus en plus lourd à porter

FREDERICTON – Les étudiants du Nouveau-Brunswick sont préoccupés par des rapports qui révèlent que le niveau d’endettement des finissants des établissements postsecondaires ne cesse d’augmenter.
Le président de l’Alliance étudiante du Nouveau-Brunswick, Stephen Spence, souligne qu’une étude de la Banque TD, publiée il y a un an, établissait à l’époque le coût d’un baccalauréat de quatre ans à 55 000 $ pour un étudiant ou une étudiante vivant chez ses parents et à 84 000 $ pour un étudiant ou une étudiante ne vivant pas avec ses parents.
Selon M. Spence, ce sont les étudiants des provinces de l’Atlantique qui terminent leurs études avec le fardeau de dette le plus élevé qu’il évalue à plus de 40 000 $.
En février, les étudiants collégiaux et universitaires du Québec ont déclenché une grève après que le gouvernement provincial a annoncé une hausse des droits de scolarité de 325 $ par an pour 5 ans.
Pourtant, c’est justement au Québec que les droits de scolarité sont les plus bas au Canada, en moyenne 2519 $ pour une année d’études.
Quant au Nouveau-Brunswick, il se classe au second rang des tarifs les plus élevés, soit 5853 $ par année.
Seul l’Ontario a des droits de scolarité universitaires plus élevés que le Nouveau-Brunswick, à 6640 $ par année. – PM