Le NPD gagne en popularité

FREDERICTON – Le Nouveau Parti démocratique provincial raffermit ses appuis au Nouveau-Brunswick, selon le dernier sondage trimestriel de la firme Corporate Research Associates.

Si des élections avaient eu lieu dans les deux dernières semaines du mois d’août, les conservateurs de David Alward auraient recueilli 38 % des voix, le Parti libéral 32 % et le NPD 24 %, chez les électeurs qui ont exprimé une préférence. Les verts sont à 6 % dans les intentions de vote.

Toutefois, 44 % des répondants ont déclaré ne pas avoir fait de choix, ont refusé de répondre ou ont affirmé qu’ils n’iraient pas voter.

Le sondage a été mené auprès de 400 personnes de 18 ans et plus entre le 14 et le 31 août. Il comporte une marge d’erreur de ±4,5 %, 19 fois sur 20.

Si le parti dirigé par Dominic Cardy parvient à maintenir ce niveau d’appuis dans les intentions de vote, il pourrait faire élire quelques candidats aux prochaines élections provinciales.

C’est du moins l’opinion du politologue Roger Ouellette, de l’Université de Moncton.

«Donc là, c’est ça le phénomène à analyser, c’est que le NPD est rendu à un niveau où il menace sérieusement, non pas de prendre le pouvoir, mais il menace sérieusement les libéraux comme parti alternatif», affirme M. Ouellette.

Il entrevoit des luttes à trois dans plusieurs circonscriptions lors des prochaines élections provinciales.

«Il risque d’y avoir comme on l’a vu dans Rothesay, une course triangulaire et ce sont les libéraux qui vont en payer le prix», prévient Roger Ouellette.

Le politologue, qui suit de nombreux sondages effectués dans l’Atlantique par plusieurs firmes différentes, croit qu’il y a une tendance lourde en faveur des néo-démocrates dans cette partie du pays.

«Les néo-démocrates sont en train de raffermir leur position au Nouveau-Brunswick. La conjoncture les favorise. Ils ont un nouveau chef (Dominic Cardy) qui a bien fait lors de la complémentaire de juin (Rothesay). Il bénéficie de l’aura du chef national, Thomas Mulcair, et les néo-démocrates sont nez à nez avec les conservateurs à l’échelle nationale. Ils sont même premiers en Atlantique selon des sondages que j’ai consultés au fédéral», souligne-t-il.

De plus, selon d’autres sources consultées par le professeur Ouellette, le NPD recueillerait en ce moment 50 % d’appui à l’échelle provinciale à Terre-Neuve-et-Labrador. Il croit donc qu’il ne s’agit pas d’un hasard si Thomas Mulcair a choisi d’y tenir son caucus national en préparation de la rentrée politique à Ottawa.

Les libéraux demeurent optimistes

FREDERICTON – Le directeur général du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, Léopold Mallet, se réjouit de la position de sa formation politique dans le sondage trimestriel de la Firme Corporate Research Associates.
Le Parti libéral y est crédité de l’appui de 32 % des répondants ayant fait leur choix.
Il croit que ce sondage démontre que son parti a des assises solides dans la province, alors qu’il n’a pas encore de chef permanent.
La course à la direction du Parti libéral connaîtra son dénouement à la fin octobre.
M. Mallet fait remarquer qu’au cours des dernières semaines, les conservateurs ont multiplié les apparitions publiques dans le but évident, selon lui, d’influencer le sondage de fin d’été.
«Avec toute l’énergie qui a été dépensée par le premier ministre (David Alward) et ses ministres pour essayer de gonfler leur image, et avec les résultats qu’ils ont obtenus, je me poserais de sérieuses questions», souligne M. Mallet.
Il fait aussi remarquer que le taux de satisfaction envers le gouvernement Alward est passé sous la barre des 50 % et estime que cette tendance à la baisse va se poursuivre.
Cependant, le politologue Tom Bateman, de l’Université St. Thomas, de Fredericton, croit que les conservateurs ont de quoi être satisfaits des résultats de ce sondage. «Les chiffres demeurent stables malgré une légère baisse des intentions de vote exprimées en faveur du parti au pouvoir. À la moitié de leur mandat, les conservateurs demeurent en tête du peloton, ce qui devrait leur convenir», pense M. Bateman.
Mais il ajoute que les néo-démocrates font très bonne figure puisqu’il n’y a pas si longtemps, le niveau de leurs appuis se trouvait sous le seuil des 10 %.
Selon lui, le défi du NPD – dont les appuis s’effritent traditionnellement à mesure qu’approchent les élections – sera de maintenir la cadence jusqu’au prochain scrutin provincial, qui aura lieu dans deux ans. – PM