Moncton: un festival pour promouvoir l’achat local

MONCTON – Une petite révolution alimentaire se dessine dans un commerce de la rue St. George, à Moncton. Le propriétaire du Marché Dolma Food, Hossein Barar, est de cette rébellion et il veut convaincre la population du Grand Moncton d’acheter local.

Les fruits et légumes de saison, tout comme la viande, vendus au Marché Dolma proviennent de fermiers et d’éleveurs situés, en moyenne, dans un rayon de 45 minutes de la ville de Moncton.

Sur les étagères du petit commerce, on retrouve, entre autres, des épinards de la ferme Earth Friendly de Salisbury, des bleuets des Petits Fruits de Pré-d’en-Haut à Memramcook et du porc ainsi que du poulet de la ferme Springbrook de la famille Gagnon, de South Branch.

Ces producteurs et plusieurs autres, M. Barar veut les remercier pour leur dur labeur, en plus de leur faire rencontrer sa clientèle qui a plus que doublé depuis les deux ans et demi que le marché est ouvert. Il a donc mis sur pied le Festival de la bonne bouffe locale qui aura lieu samedi dans le stationnement du marché.

«C’est vraiment un festival organisé autour de la nourriture pour éduquer les gens sur les produits locaux. C’est pour montrer d’où vient vraiment la nourriture qu’on consomme. Les fruits et légumes ne poussent pas sur les étagères des supermarchés. Je veux donc que les fermiers rencontrent mes clients», a souligné M. Barar.

Samedi, la famille Gagnon, de la ferme Springbrook, sera du festival qui se déroule de 10 h à 16 h pour rencontrer la population et répondre aux questions des consommateurs, mais aussi pour servir un burger au porc fumé très particulier. Il sera aussi possible de s’inscrire à un atelier de cuisine offert par de grands chefs de la région, dont Emmanuel Charretier.

Paul Gagnon a fondé la ferme il y a plus de 30 ans. Il a d’abord vendu aux grands joueurs de l’industrie. Il n’a cependant jamais aimé la façon dont l’industrie opère. Alors, aujourd’hui on retrouve ses produits exclusivement au Marché des fermiers de Dieppe, dans certains bons restaurants et au marché Dolma.

«C’est un grand atout et maintenant 20 % de nos ventes sont faites au marché de M. Barar», a affirmé M. Gagnon, soulignant que le marché Dolma est une destination pratique pour les gens qui ne veulent pas se lever les samedis matin pour se rendre au Marché des fermiers.

M. Barar a choisi de vendre des produits locaux parce que, pour lui, il s’agit simplement du gros bon sens. Selon lui, c’est plus économiquement viable puisque les producteurs n’ont pas besoin d’aller livrer leurs produits dans un centre de distribution de la Nouvelle-Écosse et le détaillant n’a pas besoin d’importer des aliments d’outre-mer.

«C’est si évident, il est possible de produire des tonnes de gousses d’ail au Nouveau-Brunswick. Nous avons un bon climat pour y arriver. Malgré ça, environ 95 % de l’ail qu’on retrouve dans les supermarchés de la région provient de la Chine. Pourquoi?», s’interroge M . Barar.

Même si les affaires sont bonnes pour le Marché Dolma, M. Barar soutient ne pas entrer en compétition avec les grandes chaînes comme Sobey’s ou Atlantic Superstore.

«On ne vend pas les mêmes produits. Quand vous achetez une voiture, vous ne dites pas seulement avoir acheté une voiture, mais bien une Mercedes, une BMW ou une Ford. Pourquoi ça ne serait pas aussi vrai pour du poulet, par exemple? Ça doit changer! Tout ce qui a deux pattes et des plumes n’est pas du poulet. Plusieurs commencent à s’en rendre compte», a souligné M. Barar.

Il faut noter que le Marché Dolma ne vend pas que des produits locaux, mais aussi des aliments importés.