Les francophones mangent «local» dans les écoles de Fredericton

FREDERICTON – Le Centre communautaire Sainte-Anne est en voie de devenir l’épicentre d’une approche agroalimentaire qui vise à encourager les producteurs locaux et l’économie locale.

Kelsey Wilson, porte-parole du projet, explique que l’approche mise en œuvre consiste à réduire la distance entre le lieu où sont produits les aliments et celui où ils sont consommés.

«Nous croyons que c’est très important d’acheter local et biologique parce que c’est mieux de bien des façons. C’est meilleur pour notre santé, mais aussi pour notre communauté, pour l’économie et pour l’environnement», dit Mme Wilson.

Le principe est simple, le CÉ D’ICI, qui se charge des services alimentaires du Centre communautaire Sainte-Anne, de l’école des Bâtisseurs et de l’école Sainte-Anne, va faire appel en priorité à des producteurs du Nouveau-Brunswick, pour ses approvisionnements en nourriture.

En achetant localement, les produits alimentaires offerts dans les cafétérias seront plus frais, plus sains, et n’auront à franchir qu’une courte distance pour être livrés, réduisant ainsi l’empreinte de carbone laissée par l’étape du transport.

Le projet est sans but lucratif, mais il vise à générer des revenus qui vont rester au sein de la communauté.

«C’est un effort de la communauté. Il y a une trentaine d’organisations qui sont propriétaires et membres du CÉ D’ICI. Tous les revenus qui seront réalisés avec notre travail seront remis dans la communauté, soit par les organisations elles-mêmes, 5 % sera partagé entre les employés, et 20 % sera versé dans un fonds dont les intérêts seront remis à d’autres organisations de la communauté», précise Mme Wilson.

Son rôle sera de suivre la progression des divers processus qui seront mis en place.

«Nous sommes en train de travailler sur un modèle d’économie sociale et mon travail consiste à étudier le modèle, la façon dont il a été créé, le fonctionnement de la cuisine, les relations entre les institutions et le milieu agricole, la production, la distribution, etc.»

Le chef René Thériault joue un rôle de premier plan dans ce projet. (lire encadré)

Déjà, il a commencé à offrir des mets qu’on ne trouve pas traditionnellement dans les cafétérias aux élèves de l’école Sainte-Anne… et ils ont été reçus avec enthousiasme, comme du taboulé par exemple, qui s’est avéré plus populaire que le hamburger.

Et comme les enfants ne mentent jamais, on sait ce que cela peut dire pour l’avenir.

«On ne veut pas s’arrêter ici. On veut trouver d’autres écoles et d’autres institutions qui servent de la nourriture et changer la façon dont ça se fait», indique Kelsey Wilson.

Quant à René Thériault, il entrevoit une croissance rapide de cette approche favorisant les produits locaux et espère que de nombreuses écoles et établissements se joindront au mouvement.