Un premier Restigouchois au Sénat

DALHOUSIE – Le premier ministre Stephen Harper a nommé vendredi cinq nouveaux sénateurs, parmi lesquels l’avocat Paul McIntyre, de Charlo.

Cette nomination vient du coup marquer l’histoire de la région, puisque M. McIntyre devient le tout premier sénateur du Restigouche. Il remplace en quelque sorte le poste laissé vacant par le départ à la retraite de la sénatrice Rose-Marie Losier-Cool, de la Péninsule acadienne.

À souligner qu’avec l’arrivée de M. McIntyre, la circonscription fédérale de Madawaska-Restigouche se retrouve du jour au lendemain avec une représentativité impressionnante au Sénat, car on y compte déjà le sénateur Percy Mockler et la sénatrice Pierrette Ringuette.

En entrevue à l’Acadie Nouvelle, le sénateur âgé de 67 ans a confié avoir appris la nouvelle le 4 septembre.

«J’ai reçu un coup de fil du premier ministre, Stephen Harper en personne, pour me demander si j’étais intéressé par un poste de sénateur. J’étais sous le choc… et je le suis encore un peu aujourd’hui», affirme l’heureux élu qui ne s’est pas fait prier à deux reprises pour accepter la proposition.

«Ce n’est pas un poste auquel j’ai postulé. Je n’ai fait aucune demande.

Mais j’étais au courant que mon nom avait circulé et j’avais indiqué que si je venais à recevoir l’invitation je l’accepterais volontiers. Et c’est tout un honneur et un privilège que d’être nommé sénateur. En fait, je vois cela un peu comme le couronnement de ma carrière. Le travail ne m’a jamais fait peur. J’ai travaillé fort dans mon métier d’avocat et c’est mon intention d’avoir la même rigueur au Sénat», ajoute-t-il.

C’est son expérience dans le domaine juridique – particulièrement comme avocat criminaliste (35 ans) et président de la Commission d’examens du Nouveau-Brunswick (25 ans) – qui aurait surtout influencé le choix de sa candidature.

«Il y a des réformes importantes qui s’en viennent dans le système de justice au pays et je crois que M. Harper a besoin de quelqu’un qui peut aider à articuler ces dossiers. Personnellement, je crois qu’il est important d’amender certains aspects du Code criminel du Canada, surtout au niveau de la responsabilité criminelle. C’est beaucoup trop facile en ce moment de plaider l’aliénation mentale», dit-il.

De son propre aveu, il préfère de loin être sénateur que juge.

«On m’a déjà demandé si ça m’intéressait et j’ai dit non; il y a déjà un juge dans la famille (mon frère). Juge, c’est un travail d’ermite; moi, j’aime trop le contact des gens pour ça», explique-t-il.

À l’aise avec les politiques du gouvernement conservateur de Stephen Harper?

«Dans l’ensemble oui, je suis à l’aise. Mais je voterai selon ma conscience avant toute partisanerie», promet-il.

«Je ne veux pas que mon poste soit politisé. Oui, je suis un sénateur conservateur et j’en suis fier. Mais je veux travailler pour le bien public avant tout. Et j’ai d’ailleurs l’intention de travailler avec tous les élus en place. Bernard Valcourt et Yvon Godin au fédéral, Donald Arseneault, Greg Davis et Martine Coulombe au provincial, ainsi que tous les maires de la région et élus du reste de la province… J’ai du respect pour tous ces gens et je veux travailler avec eux pour le bien commun», partage le nouveau sénateur.

L’assermentation de M. McIntyre aura lieu le 25 septembre à Ottawa.