Lock-out chez Codiac Transpo: les négociations vont bientôt reprendre

MONCTON – Les négociations vont reprendre au cours des prochains jours entre la Ville de Moncton et les syndiqués du service de transport en commun.

Soixante-trois jours se sont écoulés depuis les dernières négociations officielles entre la municipalité et les dirigeants du Syndicat uni des transports qui représentent environ 80 chauffeurs, mécaniciens et préposés à l’entretien des autobus chez Codiac Transpo.

Les deux camps n’ont cependant pas été totalement inactifs entre-temps, comme en témoigne le communiqué publié hier après-midi par la Ville de Moncton.

Après une rencontre entre le président du syndicat, George Turple, et le directeur général de la municipalité, Jacques Dubé, le 4 septembre, les deux parties ont décidé d’amorcer d’ici la semaine prochaine une nouvelle ronde de négociations en compagnie d’un médiateur provincial.

Selon M. Dubé, le conseil municipal a signalé au syndicat qu’il était «prêt à considérer une entente de plus longue durée». Une convention collective de plus de cinq ans pourrait donc être envisagée.

«La Ville de Moncton a déployé des efforts pour encourager le syndicat à débloquer les négociations, et ce travail semble avoir porté ses fruits. Nous sommes heureux que le syndicat ait accepté de reprendre les pourparlers avec notre équipe de négociations», a déclaré Jacques Dubé.

Bien que la municipalité affirme être limitée quant à ce qu’elle peut offrir annuellement en hausses salariales, elle dit disposer d’une certaine latitude concernant la période de temps sur laquelle s’échelonneraient d’éventuelles hausses de salaire.

La rémunération des employés de Codiac Transpo est l’une des pierres d’achoppement de ce conflit depuis ses débuts. Aux dernières nouvelles, la Ville de Moncton proposait une augmentation de salaire de 13,75 % sur cinq ans tandis que le syndicat exigeait plutôt une hausse de 23 % sur cinq ans.

La proposition de la municipalité aurait fixé le salaire annuel d’un chauffeur d’autobus à 51 000 $. Celle des travailleurs, à 55 120 $.

Il a été possible de joindre le président du syndicat, mardi.

La municipalité a également indiqué qu’elle n’avait pas l’intention de renoncer à une entente qui permettrait «des trajets plus fréquents et, possiblement, de plus petits autobus, ainsi que des trajets plus directs et un système de transfert amélioré».

La Ville de Moncton a mis en lock-out les employés du transport en commun le 26 juin. Le syndicat bénéficiait alors d’un mandat de grève de la part de ses membres depuis plusieurs semaines.

Depuis les 78 jours que dure ce lock-out, des intervenants de différents milieux ont appelé les deux parties à s’entendre. Les aînés, les personnes à mobilité réduite et les travailleurs à faible revenu souffrent particulièrement de l’absence de transport en commun.

Plusieurs altercations ont eu lieu durant les dernières semaines entre les élus municipaux et des usagers à bout de nerfs.

Les syndiqués de Codiac Transpo n’ont pas non plus hésité à faire acte de présence aux réunions publiques du conseil municipal de Moncton. Ils sont sans contrat de travail depuis juin 2010.