Droits de scolarité: «une question qui dépasse les universités»

CARAQUET – D’éventuelles hausses des droits de scolarité seront la conséquence des choix du gouvernement et de la société, prévient le recteur et vice-chancelier de l’Université de Moncton, Raymond Théberge.

Depuis la fin du gel de trois ans des droits de scolarité décrété en 2008 par le gouvernement de Shawn Graham, le coût des études a augmenté chaque année à l’Université de Moncton. Après les hausses de 197 $ en 2011 et de 175 $ en 2012, le coût annuel des droits de scolarité est dorénavant de 5292 $.

Interrogé sur le sujet lors d’une rencontre avec l’équipe éditoriale de l’Acadie Nouvelle, jeudi, le recteur et vice-chancelier de l’Université de Moncton, Raymond Théberge, n’a pu que constater le peu de pouvoir de son établissement sur la question.

«Il y a deux sources de revenus pour notre établissement: les droits de scolarité et les subventions du gouvernement. Si nous sommes financés adéquatement, les droits de scolarité sont bas», a-t-il laissé entendre.

«Si je pouvais, du jour au lendemain, unilatéralement, réduire les droits de scolarité, je le ferais. C’est une question qui dépasse uniquement l’université.»

À son avis, le financement des universités est «un choix de société» au même titre que les dépenses en santé. Il faut donc en débattre en société plutôt que d’en «parler dans un vide».

«Il y a des choix à faire. Sur une longue période de temps, les droits de scolarité reflètent les décisions des divers gouvernementselles reflètent souvent les désirs de la société.»

À ce titre, M. Théberge ne voit pas nécessairement d’un mauvais oeil le passage de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), mercredi prochain, à l’U de M (lire texte en page 2).

«En tant qu’institution, nous n’avons pas d’objections, au contraire, si ça engage un débat sur les droits de scolarité.»

Raymond Théberge s’engage lui-même à «garder les étudiants informés» sur les questions de nature administrative et sur la gestion de leur université. Il ajoute toutefois que les possibilités d’économies sont minces dans un budget où les ressources humaines sont la principale dépense.

Il est question depuis un moment dans le monde universitaire néo-brunswickois de faire passer le financement gouvernemental des universités à un mode pluriannuel.

Selon le recteur, un financement pluriannuel permettrait une «meilleure planification» en plus d’éviter de mauvaises surprises aux étudiants.

«Nous n’aurions pas à attendre en février ou mars (lors du dépôt du budget provincial) pour avoir une idée de notre budget», a indiqué M. Théberge.