La situation s’améliore pour les Néo-Brunswickoises

CARAQUET – Pour la première fois, les Néo-Brunswickoises constituent la moitié de la population active présente sur le marché du travail de la province. C’est ce qu’on apprend dans le rapport Profil Égalité 2012 – Femmes du Nouveau-Brunswick, publié mardi par le gouvernement provincial.

Près de 75 % d’entre elles occupent un emploi à temps plein et 9 % travaillent à leur propre compte. La santé, le soutien administratif ainsi que les ventes et services comptent parmi les secteurs les plus courus chez les femmes.

Elles sont plus nombreuses à occuper un poste relié à la gestion (39 %), mais leur présence à la haute direction des entreprises est quasiment inexistante.

Il existe cependant une large disparité entre le salaire médian des hommes et des femmes. En 2009, le salaire médian des hommes néo-brunswickois se chiffrait à 35 400 $, comparativement à 23 700 $ pour les femmes.

La gent féminine est de plus en plus éduquée. Elle forme la majorité de la population universitaire au Nouveau-Brunswick, soit 59 % des effectifs et la moitié des gens qui fréquente le Collège communautaire du N.-B.

Sur un autre registre, en 2009, 568 agressions sexuelles ont été rapportées à la police. Les femmes en ont été victimes dans 83 % des cas. Le nombre de condamnations liées aux agressions sexuelles devance largement la moyenne canadienne, soit 56 % au Nouveau-Brunswick contre 26 % dans le reste du Canada.

Bien que le rapport fait ressortir plusieurs signes encourageants, il reste encore du chemin à parcourir, croit Sarah LeBlanc, directrice du Regroupement féministe du N.-B. Selon elle, l’état financier dans lequel se trouvent certaines femmes demeure regrettable. Le taux de pauvreté des mères célibataires étant d’environ 45 %.

«Il y a beaucoup de facteurs qui contribuent à ça, entre autres le fait qu’on n’ait pas atteint l’équité salariale dans le secteur privé. Il y a encore plusieurs emplois à prédominance féminine qui sont sous-payés par rapport à la valeur de leur travail», affirme Sarah LeBlanc.

Auparavant, cette publication relevait de la responsabilité du Conseil consultatif sur la condition de la femme au Nouveau-Brunswick, aboli en 2011 et remplacé par le ministère responsable de la Condition de la femme. Dans l’ensemble, la directrice se dit heureuse de voir le gouvernement mettre au jour ces renseignements, mais elle croit que certains détails importants ont été laissés de côté.

«Il y a beaucoup d’information contenue dans le rapport, donc on peut féliciter le gouvernement. Mais on remarque qu’il y a certains éléments d’analyse critique qui ont été omis. Par exemple, on trouve des statistiques sur l’avortement au Nouveau-Brunswick, mais on ne retrouve pas d’information au sujet des droits des femmes et de l’avortement, ce qui était le cas avant. Ça indique que le gouvernement a une difficulté à avoir une certaine indépendance par rapport à ce genre d’analyse et ça démontre la nécessité d’avoir une voix indépendante pour les femmes, comme c’était le cas avec le conseil consultatif», dit Sarah LeBlanc.