Sans Portage Atlantique, «je serais mort»

HAMPTON – La réadaptation d’un toxicomane est un processus qui dure toute une vie. L’épreuve est passée à une nouvelle étape pour les 43 adolescents qui ont obtenu leur diplôme de Portage Atlantique, dimanche.

Après un long combat contre les drogues ou l’alcool, les jeunes de la classe de 2012 du centre Portage Atlantique ont eu de quoi célébrer dimanche après-midi. Leur famille et leurs amis ont assisté à leur remise de diplôme et leur réadaptation sociale.

Les diplômés, ainsi que ceux qui sont actuellement inscrits au programme, ont eu droit au témoignage émouvant de Dan Martell. L’entrepreneur-investisseur a obtenu son diplôme de Portage Atlantique il y a 15 ans.

Son histoire avec les drogues commence alors qu’il avait seulement huit ans. Un jour, à son retour de l’école, il a trouvé sa mère inconsciente sur le divan et une bouteille de vodka vide au sol.

Au cours des années suivantes, le jeune Dan Martell a développé une dépendance aux drogues. Il a vécu pendant des années dans des familles adoptives et des résidences communautaires.

Finalement, à l’âge de 17 ans, il s’est fait emprisonner. Par contre, il a atteint son point le plus bas le jour où on l’a placé en isolement cellulaire (le trou).

«Il n’y a pas de plus grand ennui qu’être assis, seul, sur le ciment avec seule une toilette en céramique comme compagnie», a affirmé M. Martell.

«Après trois jours, un officier nommé Brian m’a amené dans un local. Il m’a dit: “tu n’appartiens pas au monde d’ici. Je crois en toi Dan.” C’était la première fois de ma vie que quelqu’un me disait qu’il croyait en moi.»

M. Martell s’est finalement retrouvé au centre Portage Atlantique. Après 11 mois dans le programme, il s’est libéré de sa dépendance. Selon lui, cette expérience lui a sauvé la vie.

«Je serais mort, mon père peut te le confirmer.»

«Le Portage n’est pas un programme de 30 jours qui te guide en travers de quelques étapes. Quand moi je l’ai fait, je devais prouver aux employés que j’avais atteint les critères nécessaires pour avancer dans le programme.»

Selon Luc Desjardins, le chef de service au centre Portage, son établissement emploie une méthode communautaire, dans laquelle les jeunes toxicomanes s’entraident. Une grande part des employés sont eux-mêmes d’anciens toxicomanes, ce qui leur permet de comprendre la situation des jeunes.

Dimanche après-midi s’est déroulé sur les thèmes de l’espoir et du succès. Ceux-ci sont possibles, et Dan Martell en est la preuve. Depuis son séjour au Portage, il a lancé une entreprise Internet qui vaut des millions de dollars et emploie plus de 500 personnes.

Après avoir reçu son diplôme, chaque adolescent était invité à dire un mot sur son expérience.

«Avant d’entrer au Portage, j’étais désespéré et je n’aimais plus la vie. Maintenant, je l’aime et suis sobre», a raconté l’un d’eux.
«En fin de compte, le changement vient seulement si tu veux qu’il vienne. Une fois que tu démontres que tu le veux, l’équipe de Portage te donne tous les outils dont tu as besoin», a ajouté un autre.

Le Centre résidentiel de Cassidy Lake est un centre bilingue de traitement pour les jeunes toxicomanes de 14 à 21 ans de la région Atlantique. Selon Dan Martell, chaque province devrait avoir un tel centre.

«Ça doit grandir. On ne devrait pas avoir besoin d’aller de Terre-Neuve à Hampton pour avoir de l’aide pour son jeune.»