CARAQUET – Jean-Marie Nadeau, le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), n’est pas insensible aux dernières attaques contre le bilinguisme institutionnel et la dualité. Il s’interroge sur la meilleure façon d’y répondre, mais se dit prêt à hausser le ton si nécessaire.

«Quelle est la meilleure façon de contrer de tels discours? Est-ce que c’est d’exhorter les médias (à arrêter leurs attaques) ou alors ne pas en faire grand cas, je ne sais pas», reconnaît-il au cours d’une entrevue téléphonique avec l’Acadie Nouvelle.

S’il n’a pas réagi jusque-là aux attaques publiées par la presse anglophone, c’est pour des raisons de santé. M. Nadeau compte bien reprendre son bâton de pèlerin pour défendre le bilinguisme, mais ne semble pas vouloir se lancer dans une croisade qui pourrait avoir l’effet inverse de celui escompté.

«Certaines personnes qui nous attaquent ne demandent pas mieux qu’on réplique coup pour coup», considère le militant acadien qui veut éviter l’escalade.

Il veut privilégier, dans la mesure du possible, le dialogue et l’explication face à ceux qui remettent en question la dualité en éducation et en santé. C’est dans ce sens qu’il envisage d’aller à la rencontre des rédactions des journaux anglophones qui publient les attaques contre le bilinguisme institutionnel et la dualité.

«Du côté de la SANB, on a l’intention de faire une tournée des équipes éditoriales d’ici Noël pour essayer d’avoir une discussion de fond, au moins avec les gens qui prennent les décisions dans la façon de rapporter les nouvelles», précise Jean-Marie Nadeau.

Il a déjà une idée du discours qu’il va tenir.

«Tout simplement, leur dire qu’est ce que vous recherchez? Qu’est ce que vous ne comprenez pas? Qu’est ce que ça prendrait pour que vous compreniez? Êtes-vous conscients des actes que vous posez, c’est ça que vous recherchez? Je crois qu’il faut qu’on ait ce genre de discussions là».

Il salue au passage l’initiative de Denis Losier. Le patron d’Assomption Vie annonçait mardi dans l’Acadie Nouvelle sa volonté de réunir un groupe de gens d’affaires pour réagir aux attaques.

«Je me réjouis que des gens comme Denis Losier élèvent la voix», assure Jean-Marie Nadeau.

Il compte bien répondre à l’appel à la mobilisation lancé par l’homme d’affaires.

«Je joins ma voix à celle de Denis Losier pour qu’on soit plus vigilants et plus clairs dans nos propos.»

Sa volonté de privilégier le dialogue et d’éviter l’escalade n’a rien à voir, dit-il, avec le fait qu’il est lui même chroniqueur pour le groupe de presse Brunswick News, dont certains titres anglophones se sont particulièrement illustrés ces dernières semaines. Cette situation, qui peut sembler inconfortable, n’est en rien gênante à ses yeux.

«Au contraire, le fait d’avoir cette chronique me permet d’interpeller les anglophones directement, répond Jean-Marie Nadeau. J’ai à maintes occasions dénoncé les propos qui se tenaient dans les journaux de la famille. Je ne me suis pas censuré. J’ai déjà critiqué dans mes chroniques ce genre de propos et je le ferai encore. Cela ne m’empêchera pas d’écrire ce que j’ai à écrire, ça ne m’empêchera pas de hausser le ton, si j’ai à hausser le ton.»

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