Mobilisation interprovinciale contre la loi C-38 à Campbellton

CAMPBELLTON – Une foule frôlant les 2000 personnes a bruyamment dénoncé, samedi, à Campbellton, les changements apportés par le gouvernement de Stephen Harper au régime de l’assurance-emploi.

«On ne lâche pas…» «La réforme à la poubelle…» «Valcourt démissionne…»

Des slogans du genre ont été scandés durant ce grand rassemblement par une foule hostile à la réforme sur l’assurance-emploi.

Cette mobilisation interprovinciale impliquait notamment des citoyens de plusieurs communautés du Nouveau-Brunswick, mais également de nombreuses régions québécoises de la Gaspésie jusqu’au Bas-Saint-Laurent. Plus d’une vingtaine d’autobus avaient d’ailleurs été nolisés seulement pour transporter les contestataires à cet événement.

Massés des deux côtés de la rivière Restigouche (Campbellton et Pointe-à-la-Croix), les deux groupes ont convergé l’un vers l’autre pour se rejoindre au beau milieu du pont interprovincial J.C. Van Horne, forçant du coup la fermeture de cette infrastructure pendant près d’une demi-heure.

Ils ont par la suite pris la direction de la Place du Saumon, à Campbellton. Là, plusieurs orateurs – représentants syndicaux et députés fédéraux de l’opposition – se sont adressés à une foule survoltée et mécontente de Stephen Harper et du député local de Madawaska-Restigouche, Bernard Valcourt.

«Avec cette manifestation, on veut leur envoyer un message clair à tous les deux: assez, c’est assez! Vous avez fini de nous détruire. Nous sommes loin d’être des paresseux comme vous le prétendez, et des attaques comme ça, on n’en tolérera plus», exprime l’une des organisatrices de cette mobilisation, Alma Breau-Thibodeau.

Originaire de la Péninsule acadienne, elle prédit que les changements apportés à l’assurance-emploi auront des impacts désastreux dans les communautés des Maritimes. «Ça va affecter nos usines, nos entreprises. Chez nous, il y a même des commerces qui affichent des pancartes dans leur fenêtre pour dire qu’ils sont complets, qu’ils ne remplissent plus de formulaire de l’assurance-emploi. On doit se tenir debout face à cette loi injuste et ce gouvernement», rage-t-elle.

Citoyen de Saint-Quentin venu manifester son mécontentement, Alain Martel abonde dans le même sens que l’organisatrice.

«Cette loi a été passée de façon hypocrite et elle affecte tous les travailleurs. La foresterie, l’agriculture, les pêches, l’acériculture, le tourisme… Tout le monde ici va payer. Ce gouvernement n’est plus un gouvernement, c’est devenu une dictature, et il faut à tout prix que ça cesse et dénoncer ça», dit-il.

Des manifestations similaires ont eu lieu en Nouvelle-Écosse, à l’Île-du-Prince-Édouard ainsi qu’à Thetford Mines, au Québec.

Les organisateurs songent à répéter l’événement le 10 novembre, à Tracadie-Sheila.