Le PC laissera le champ libre à Brian Gallant

FREDERICTON – Le Parti progressiste-conservateur offre au nouveau chef du Parti libéral de faire faire son entrée à l’Assemblée législative dans les plus brefs délais.

Le vice-premier ministre et leader parlementaire du gouvernement, Paul Robichaud, a fait savoir que son parti s’engage à ne présenter aucun candidat contre Brian Gallant si l’un des députés libéraux démissionne pour lui offrir son siège.

«Le parti de M. Gallant forme l’opposition officielle à l’Assemblée législative et nous pensons qu’il serait très important pour les gens du Nouveau-Brunswick d’avoir le chef de l’opposition officielle à l’Assemblée législative le plus rapidement possible», a expliqué M. Robichaud.

M. Robichaud a souligné que le premier ministre David Alward déclenchera une élection complémentaire aussitôt qu’un député libéral démissionnera afin de permettre au nouveau chef de se faire élire.
Le vice-premier ministre a indiqué qu’il reviendrait alors à Élections Nouveau-Brunswick d’établir le calendrier électoral de cette élection complémentaire lors de laquelle, a-t-il répété, il n’y aura pas candidat conservateur.

Si un député libéral devait démissionner dès cette semaine pour céder sa place à M. Gallant, il y aurait une mince possibilité que le chef libéral puisse se faire élire avant la fin de décembre.

Ce sera donc de l’extérieur de la Chambre ou encore de la tribune que M. Gallant devra assister au discours du Trône qui sera prononcé le 27 novembre.

Paul Robichaud a par ailleurs précisé que le fait de faciliter l’entrée en Chambre du chef du parti qui forme l’opposition officielle fait partie des traditions au Nouveau-Brunswick.

Cela n’empêche toutefois pas les autres partis de présenter des candidats.

«Nous sommes dans la situation intéressante où trois partis ont des chefs qui ne sont pas élus à l’Assemblée législative, le Parti libéral, le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert», a souligné M. Robichaud, laissant ainsi entendre que l’on pourrait assister à un combat des chefs lors de cette élection complémentaire, si bien sûr elle a lieu.

Rencontres et économie

Par ailleurs, M. Gallant avait prévu des rencontres avec l’exécutif de son parti samedi soir, ainsi qu’avec des membres de son caucus, dimanche. Il désire également organiser un congrès, l’an prochain, pour mettre sur pied diverses politiques.

M. Gallant compte aussi faire de l’économie une question prioritaire et il compte bien passer le message au premier ministre conservateur David Alward.

«Ce que j’ai entendu un partout dans la province, c’est que les gens sont inquiets au sujet de leur emploi – ceux qui en ont – et ceux qui en cherchent craignent qu’il n’y en aura pas pour eux bientôt. Il n’y a aucun doute que le message que je veux envoyer à M. Alward, c’est qu’il faut absolument se concentrer sur l’économie et avoir de vrais résultats.»

Électorat volatil

L’analyste politique Don Desserud, de l’université de l’Île-du-Prince-Édouard, a estimé que les libéraux avaient une chance de revenir au pouvoir en 2014 au Nouveau-Brunswick, puisque les électeurs ont démontré qu’ils n’accordaient plus toujours leur confiance au gouvernement pour un deuxième mandat.

«L’électorat est très volatil, et cela rend le tout beaucoup moins prévisible. Aucun gouvernement n’est à l’abri», a-t-il dit. n 

Gallant dans Kent?

L’option qui semble la plus plausible en ce moment serait que l’ancien chef libéral, Shawn Graham, démissionne de son poste de député de Kent afin de permettre à Brian Gallant de faire son entrée à l’Assemblée législative.

Depuis la dernière élection générale, plusieurs observateurs ont émis l’idée que M. Graham gardait son siège en vue de l’offrir à son successeur si celui-ci n’était pas déjà membre du caucus libéral.

Pourtant, au cours du congrès de la fin de semaine, M. Graham, qui n’occupe aucun poste de critique au sein de la députation libérale, a lui-même écarté cette possibilité.

«Les électeurs de Kent m’ont réélu avec la plus forte majorité que j’aie jamais obtenue. Mon intention est d’effectuer le mandat qu’ils m’ont confié», a déclaré M. Graham vendredi après son discours aux militants libéraux.

Shawn Graham a succédé à son père, Alan Graham, en tant que député de Kent en 1998.

(Avec des extraits de La Presse Canadienne)