Gaz de schiste : le conseil municipal divisé à Bathurst

BATHURST – Le conseil municipal de Bathurst penche contre l’exploration du gaz de schiste dans ses limites, même s’il préfère attendre avant d’adopter une position ferme.

Dans un vote très divisé, les élus municipaux se sont prononcés à 4 contre 3 contre l’exploration et le forage du gaz de schiste à Bathurst, lundi soir.

Ceux qui ont voté contre ont tout de même nuancé leur point de vue en précisant que s’il s’avère que cette industrie est sécuritaire, ils changeraient de camp.

Le conseil municipal préfère donc attendre que les recherches soient plus précises quant à ses effets sur la population.

«Comme vous le savez, nous vivons dans une région minière et nous n’avons jamais hésité pour permettre le forage et l’exploitation des camps miniers. Le gaz naturel est une ressource naturelle. Il y a beaucoup d’émotions dans cette situation, beaucoup de déceptions. Beaucoup de choses ont été écrites sur ce qui se passe à ce sujet. De ce que je comprends, ce n’est pas un enjeu là où nous nous situons dans la province, mais j’aimerais connaître votre opinion là-dessus et où nous devons aller avec ça», a expliqué en entrée en matière Stephen Brunet, le maire de Bathurst.

Ceux qui sont défavorables au développement de cette industrie dans la province parlent des possibles répercussions néfastes qu’elle pourrait avoir sur l’environnement, notamment sur l’eau.

«Ce qui me fait le plus peur, c’est qu’on découvre dans plusieurs années que c’est très dangereux pour notre source d’eau. Je comprends que ça va créer de l’emploi et je suis d’accord que nous en avons besoin de plus. Mais si ça crée 1000 emplois et que je ne peux pas boire l’eau du robinet, je ne crois pas que tous ces emplois valent ces conséquences», a signifié le conseiller Serge Lagacé.

Les élus qui y sont plutôt favorables lorgnent les avantages économiques que l’activité du gaz de schiste représente et se montrent confiants par rapport aux faibles risques qu’elle pourrait engendrer.

«Je pense que de meilleures pratiques ont été mises en place. Quand ils ont commencé la fracturation pour le gaz naturel, il y a plusieurs années, ils ont fait plusieurs erreurs et ont appris. Il y a toujours deux côtés de la médaille. Ce qui me traverse l’esprit, c’est que le gaz naturel qu’ils veulent obtenir est loin des puits d’eau. Je suis sûre aussi que le département de l’Environnement regarde cela de très près», a indiqué le conseiller Danny Roy.

La possibilité d’exploitation du gaz de schiste, bien que pas impossible, apparaît peu probable dans la région de Bathurst, puisque le bassin carbonifère dans cette zone est peu profond.