«Je suis totalement apolitique»

BAS-CARAQUET – La nomination d’une personne extérieure contribuera peut-être à dépolitiser le projet.

«Ce dossier a été politisé et cela a fait en sorte de ralentir le projet, reconnaît le nouveau président du Centre naval du Nouveau-Brunswick. Cela prend quelqu’un d’apolitique dans ce dossier-là. Je suis totalement apolitique», assure Michel Beaudry qui a l’appui de la Société de développement régional (SDR).

«Cela a été voulu de mettre quelqu’un de l’extérieur pour mener ce projet à bon port. C’est un choix stratégique.»

Reste maintenant à savoir si cette stratégie suffira pour sortir le centre naval des eaux troubles de la politique dans lesquelles il navigue depuis plus de deux ans. Depuis son annonce, à la veille des élections provinciales de 2010, par le gouvernement de Shawn Graham, le projet de relance de l’industrie navale à Bas-Caraquet semble avoir été un outil plus politique que de développement économique pour les uns et les autres.

Libéraux et conservateurs s’accusent encore mutuellement d’avoir politisé le dossier et de continuer de le faire. Le vice-premier ministre Paul Robichaud se montre très critique sur le lancement du projet.

«C’est parti tout de travers, car l’ancien gouvernement était tellement pressé d’annoncer quelque chose à la veille d’élections qu’il a fait l’annonce d’un projet sans pour autant faire ses devoirs.»

«Nous autres, on n’a pas politisé le dossier, rétorque le député libéral Hédard Albert. On y croyait et on a misé dessus. Le projet était inclus dans le Plan Nord, il avait beaucoup de potentiel. Tout le monde appuyait le projet», poursuit le député de Caraquet.

Le choix d’investir dans un ber cavalier de 600 tonnes continue d’alimenter la polémique politicienne. Cet équipement avait été annoncé dès le lancement du projet, mais une étude de la firme KPMG a démontré que cet investissement n’était pas indispensable.

«Cette étude démontrait très clairement que l’achat d’un ber cavalier de 600 tonnes au coût de 10 millions $ ne se justifiait tout simplement pas, soutient le ministre du Développement économique Paul Robichaud. L’étude ne se basait pas uniquement sur la flottille de pêche, contrairement à ce que prétend Hédart Albert, mais sur plus de 13 200 navires des quatre provinces de l’Atlantique et du Québec. Ce n’est pas parce qu’on ne va pas de l’avant avec un 600 tonnes qu’on est en train de tuer le projet.»

«Il faudrait au moins un 400 tonnes, maintient le député de Caraquet. Je crois toujours au projet. On viendra un jour à prendre le pouvoir et ce projet-là on le mettra de nouveau sur la table.»