Une nouvelle chance pour le chantier naval de Bas-Caraquet

BAS-CARAQUET – Un nouveau président, l’appui affiché du gouvernement, un programme d’investissement plus réaliste et un véritable plan d’affaires, le Centre naval du Nouveau-Brunswick (CNNB) de Bas-Caraquet veut se donner toutes les chances de réussir après deux années d’hésitations.

La structure a désormais un nouveau capitaine à sa tête. Il s’agit de Michel Beaudry, un consultant de la firme québécoise SIM. C’est cette même firme qui a été chargée par le gouvernement du Nouveau-Brunswick de réaliser un diagnostic complet du centre naval de Bas-Caraquet.

Deux ans après son lancement par le gouvernement libéral de Shawn Graham, le projet de relance de l’industrie navale dans la Péninsule acadienne est loin d’avoir rempli toutes ses promesses malgré les 5 millions $ investis par la province et le gouvernement fédéral. Sur le site de Bas-Caraquet, l’activité est réduite à sa plus simple expression.

«À l’heure actuelle, il n’y a pas de bateaux en cours de réparation et le chantier sert à autre chose qu’à la construction de bateaux», reconnaît Michel Beaudry.

Le seul locataire des installations de Bas-Caraquet est l’entreprise The Tank Shop qui y construit des réservoirs industriels.

«Cela pourrait être mieux, mais ça pourrait être pire», relativise le nouveau président du chantier qui affiche sa spécialité: «redresser des situations mal parties».

Pour remettre le centre naval sur les rails, son nouveau président a fort à faire et un calendrier serré.

«Mon seul but est de faire avancer le projet pour que d’ici la fin de l’année on sache où on s’en va», explique Michel Beaudry. «On travaille actuellement sur les états budgétaires opérationnels pour les trois prochaines années et les budgets d’investissement. Cela va être prêt fin novembre pour être présenté en décembre au conseil des ministres».

L’objectif que le président du centre naval s’est fixé est ambitieux: «avoir d’ici trois à cinq ans deux chantiers entièrement opérationnels à offrir à nos clients».

Faut-il encore pour cela que les infrastructures soient au rendez-vous. Les arbitrages budgétaires à venir seront décisifs. Le ber cavalier qui sert à soulever les bateaux donne des signes de faiblesse. Il affiche déjà une vingtaine d’années et une capacité limitée à 150 tonnes.

Son remplacement est en bonne voie, assure Michel Beaudry.

«Un ber-cavalier de 200 tonnes couvrirait 98 % du marché qu’on veut attaquer», considère le nouveau patron du chantier naval. Il rejoint l’analyse de la firme KPMG sur laquelle s’était appuyé le gouvernement provincial pour abandonner l’achat d’un appareil de 600 tonnes prévu à l’origine.

«Je pense que l’erreur qui a été faite c’est qu’on a surtout misé sur une pièce d’équipement pendant les dernières années», assure le ministre du Développement économique.

Paul Robichaud affirme néanmoins toujours croire au projet.

«Je veux voir ce projet-là prendre de l’ampleur».

Mais il ne veut pas pour autant signer un chèque en blanc. D’autant plus en l’absence d’un véritable plan d’affaires.

«Croyez-le ou non, mais il n’y a pas de plan d’affaires. On était en train de construire une maison et arrivé au deuxième étage on réalise que, peut-être, on aurait besoin d’un plan», ironise le ministre du Développement économique. C’est la mission qui est actuellement confiée à la firme SIM.

«Les études qu’on doit faire aujourd’hui, elles auraient dû être faites auparavant», regrette Paul Robichaud. «Cela ne veut pas dire que le projet n’est pas valable et qu’il n’y a pas de potentiel.»