Pêcheries G.E.M éprouve des difficultés financières à Saint-Simon

SAINT-SIMON – L’entreprise Pêcheries G.E.M, à Saint-Simon, dans la Péninsule acadienne, est-elle au bord de la faillite?

L’usine de transformation de fruits de mer croule sous des dettes d’un peu plus de 7 millions $ et a été récemment placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité par la firme RaymondChabot.

Pêcheries G.E.M a 30 jours pour parvenir à une entente avec ses créanciers, souligne le syndic Stéphane Gauvin, responsable du dossier à Raymond Chabot inc.

«L’entreprise a trente jours dans un premier temps et elle peut obtenir une prolongation avec l’autorisation des tribunaux par la suite. Elle a jusqu’au 30 novembre. Pendant ce temps-là, les activités continuent et les créanciers ne peuvent pas entamer de procédure pour se faire payer. S’il n’y a pas d’arrangements avec les créanciers ou si ces derniers refusent l’offre, à ce moment-là, l’entreprise fait faillite», souligne Stéphane Gauvin.

Le document du syndic, dont l’Acadie Nouvelle a obtenu une copie, révèle que Pêcheries G.E.M doit des sommes importantes à plusieurs créanciers.

Parmi les plus importantes figurent notamment la Caisse populaire de Shippagan (2 830 000 $) et la Banque de développement du Canada (1 988 141 $). L’entreprise doit aussi 842 066 $ à Pier 99 Products de Cap-Pelé, 116 757 à l’Institut de recherche sur les zones côtières à Shippagan, 87 138 $ aux Pêcheries de Chez Nous à Val-Comeau et 193 308 $ à la Corporation au bénéfice du développement communautaire.

Pêcheries G.E.M, qui compte de 125 à 200 employés, est l’une des rares usines de transformation de produits de la mer à fonctionner pendant au moins 10 mois par année dans la Péninsule acadienne. En plus de traiter le homard et le hareng, Pêcheries G.E.M est aussi l’une des seules usines de la province à transformer du concombre de mer. D’après un article publié sur Internet par la Banque de développement du Canada, elle génère des revenus d’environ 25 millions $ par année.

Bien que Pêcheries G.E.M exporte principalement aux États-Unis, elle tente aussi de percer sur le marché chinois. C’est d’ailleurs dans ce pays que se trouve à l’heure actuelle Roger Foulem, président de l’entreprise.

Lors de notre passage à l’usine, Pêcheries G.E.M n’a pas voulu émettre de commentaire, toutefois, la nouvelle semble avoir émergé de nulle part. Érik Foulem, directeur de la production et fils du propriétaire, dit ne pas avoir été au courant de cette affaire avant qu’on ne l’informe de la situation.

Victor Boudreau, chef de l’opposition à Fredericton et député de Shediac-Cap-Pelé, regrette que le nord de la province soit encore frappé par une mauvaise nouvelle.

«C’est certainement une triste nouvelle dans une région déjà durement frappée. On sait tous que l’économie du nord du Nouveau-Brunswick boite un peu. Il faut demeurer positif et souhaiter que Pêcheries G.E.M saura passer à travers de cette situation et continuer à créer de l’emploi dans la région. C’est quand même une usine qui fait du produit innovateur, je pense que c’est le seul de la province à transformer du concombre de mer. Entre-temps, c’est certain que la province doit faire ce qu’elle peut pour les employés et qu’elle fasse son possible pour venir en aide à ces gens-là. C’est un employeur important dans la Péninsule et il serait de valeur de la voir fermer pour de bon», affirme Victor Boudreau, qui a pris la parole à la place d’Hédard Albert. Celui-ci est en conflit d’intérêts dans ce dossier. En effet, Roger Foulem est le beau-frère du député libéral de Caraquet.