Fracturation hydraulique: «les communautés n’auront pas le dernier mot»

FREDERICTON – Les communautés n’auront pas le dernier mot en ce qui a trait au forage, et par conséquent à la fracturation hydraulique, en vue de l’exploration et de l’exploitation du gaz de schiste.

 

C’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Énergie et des Mines, Craig Leonard, mercredi à Fredericton, après avoir prononcé une déclaration ministérielle annonçant que le gouvernement allait permettre le développement du gaz de schiste au Nouveau-Brunswick.

«D’une manière ou d’une autre, les communautés n’auront pas le dernier mot parce qu’en fin de compte il s’agit d’une ressource appartenant à la Couronne puisqu’elle se trouve dans le sous-sol», a déclaré le ministre lors d’un point de presse.

Il avait auparavant mentionné que les compagnies devraient tenter d’en arriver à un accord avec les communautés où elles comptent explorer et exploiter le gaz de schiste, mais en fin de compte, c’est la province qui tranchera si aucun accord n’intervient.

Le chef du Parti vert, David Coon, souhaite maintenant que les libéraux déposent à nouveau le projet de loi qu’ils avaient présenté lors de la dernière session afin de permettre aux municipalités, communautés rurales et districts de services locaux d’interdire des travaux de forage sur leur territoire.

Les conservateurs s’étaient dit en accord avec le principe du projet de loi, mais n’avaient pas permis son adoption, ce qui fait qu’il est mort au feuilleton.

De son côté, le chef du Nouveau Parti démocratique, Dominic Cardy, ne voit pas d’un bon œil que l’on prive les gouvernements locaux de la prérogative d’avoir le dernier mot en ce qui concerne l’exploration et l’exploitation gazière.

«Agir de manière unilatérale comme semble vouloir le faire le ministre n’est pas acceptable», a estimé le chef néo-démocrate.

Pour sa part, le critique de l’opposition officielle en matière d’Énergie, Chris Collins, croit que le  N.-B. doit prendre son temps.

«Ce qui est en cause ici, c’est la méthode d’extraction du gaz dont il est question: la fracturation hydraulique. Ce gaz, s’il existe, ne s’en ira pas. Pourquoi ne pas attendre que la technologie permette de l’extraire de façon sécuritaire?», s’est interrogé M. Collins. 

Ce développement marque un durcissement dans le ton ainsi que dans les méthodes dans la politique énergétique du gouvernement de David Alward en ce début de seconde moitié de mandat du gouvernement progressiste-conservateur.