Coupe à blanc: Fredericton savait qu’il y avait un camp scout

DRUMMOND – La compagnie forestière qui a procédé aux coupes derrière le camp des scouts de Grand-Sault, à Drummond, suivait les règlements provinciaux. La province était avisée que les scouts avaient un bail à cet endroit.

En novembre, les scouts se sont rendu compte que toute la forêt derrière leur camp avait été rasée. Ils devront trouver un autre endroit pour faire leurs activités. Ils avaient invité les médias samedi pour dénoncer la situation.

C’est Acadian Timber qui gère le permis d’exploitation forestière dans cette région. Luc Ouellette, vice-président de la compagnie pour les opérations forestières au Nouveau-Brunswick, explique qu’Acadian Timber soumet chaque année au ministère des Ressources naturelles les blocs de forêt qui seront coupés.

«Pour le bloc à Drummond, on a soumis nos plans aux Ressources naturelles et on leur a indiqué qu’il y avait un bail à cet endroit. Mais selon les règles de la province, quand il y a un bail on coupe jusqu’à la limite de ce bail», affirme M. Ouellette.

Ceci est confirmé par Daniel Soucy, forestier au ministère des Ressources naturelles.

«Les seuls à qui on accorde une zone tampon, ce sont les acériculteurs. On leur laisse 20 mètres de bois pour protéger contre le vent», explique-t-il.

Selon lui, le ministère ne pourrait offrir une telle zone tampon aux scouts parce qu’il devrait alors accorder le même traitement à tous les détenteurs de baux.

Luc Ouellette souligne que des comités consultatifs ont été mis en place pour que différents groupes de citoyens, souvent des clubs de VTT ou de chasse, puissent faire part de leurs inquiétudes à la compagnie. Il affirme que les plans d’aménagement y sont présentés chaque année.

Le Club de VTT Madawaska-Victoria participait jusqu’à récemment au comité de la région Tobique, qui englobe le territoire de Drummond. Paul Guimond y a siégé de septembre 2011 à septembre 2012.

«Du temps que j’étais là, il n’a jamais été question de coupes derrière le camp scout», affirme-t-il, ajoutant qu’il était présent à presque toutes les réunions.

Jean-Guy Lévesque, qui organisait l’événement de samedi, ne connaissait pas l’existence de ce comité.

«C’est certain que si on avait été au courant, on aurait voulu être là pour savoir ce qui se passe», dit-il.

Les scouts sont présentement en négociations avec le ministère des Ressources naturelles. Ils espèrent que leur bail sera transféré à un autre endroit où ils pourront se reloger et où ils auront, comme à l’heure actuelle, accès à l’électricité et à l’eau courante.