L’inondation printanière de Perth-Andover est historique selon Environnement Canada

MONTRÉAL – Dans son top 10 des événements météorologiques de 2012, Environnement Canada qualifie l’inondation de ce printemps à Perth-Andover d’historique.

Au sommet du «top 10» que l’organisation dresse tous les ans trône ce que le météorologiste René Héroux qualifie à présent de «tendance», à savoir le réchauffement climatique.

Les Canadiens se souviendront de l’été torride qu’ils ont connu en 2012, et pour cause: la période de juillet à septembre a été la plus chaude de tous les trimestres enregistrés au Canada en 65 ans.

Mais qui dit chaleur, dit également fonte des glaces. En effet, les inondations occupent une place importante dans le bilan de l’année 2012, notamment celles qu’a connues la Colombie-Britannique et celles qui ont marqué la ville de Perth-Andover, au Nouveau-Brunswick, quand la rivière Saint-Jean est sortie de son lit.

L’inondation de Perth-Andover a été classée en 10e position du palmarès en raison du choc qu’il a causé à la population de cette région. Il s’agissait de la cinquième inondation en 25 ans pour cette communauté.

«L’événement a été choisi en raison de l’impact qu’il a eu sur la communauté. L’incident s’est produit très rapidement et a mené à l’évacuation de plusieurs familles sur une période de temps assez longue. L’inondation a été créée par un barrage de glace. Ce n’est donc pas un événement météorologique comme tel. Cependant, ce sont les conditions météorologiques qui sont responsables des embâcles de glace», a déclaré le météorologue d’Environnement Canada, Claude Côté.

L’inondation de Perth-Andover a nécessité l’évacuation obligatoire de 500 résidants de l’endroit et de la Première Nation de Tobique. Les bâtiments du gouvernement, l’hôpital de la région, deux écoles, un hôtel de ville et une caserne de pompiers ont subi des dommages dont le coût dépasse les 25 millions $.

Plusieurs records de chaleur ont également été défaits au Nouveau-Brunswick, et ce, surtout en mars où les météorologues ont enregistré des températures de 25 à 29 degrés Celsius alors que les normales de saison sont de 3 degrés le jour et de -8 degrés la nuit.

«Plusieurs records de températures ont été battus. C’était vraiment une vague de chaleur extrême qui s’étendait sur l’Ontario, le Québec et les Maritimes. Elle avait duré plus d’une journée. Normalement on va défaire un record journalier, mais en mars on avait battu des records mensuels et de tous les temps», a expliqué M. Côté soulignant que ces chaudes températures constituent une des raisons pour lesquelles la rivière Saint-Jean a sorti de son lit le printemps dernier.

En fait, le temps anormalement chaud a fait fondre très rapidement la neige dans les tronçons supérieurs de la rivière Saint-Jean. Le niveau de neige au sol est passé de 60 à 7 cm, en moins d’une semaine.