Près de 300 personnes ont assiégé le bureau de Service Canada à Tracadie-Sheila

TRACADIE-SHEILA – Près de 300 travailleurs saisonniers ont pris d’assaut les locaux de Service Canada à Tracadie-Sheila mercredi matin, afin de manifester leur mécontentement envers la réforme d’assurance-emploi qui doit entrer en vigueur le 6 janvier 2013.

Les opposants de la réforme ont envahi les locaux situés dans un centre commercial de Tracadie-Sheila vers 9 h et sont restés sur place plus de trois heures. Alma Breau-Thibodeau, l’une des instigatrices de ce mouvement de contestation qui a tenu de nombreuses manifestations en 2012, espérait une fois pour toutes s’entretenir avec la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, pour faire connaître ses revendications.

La conversation entre Alma Breau-Thibodeau et la ministre Finley n’a jamais eu lieu. Mme Breau-Thibodeau a toutefois discuté avec une fonctionnaire d’Ottawa, Mireille Laroche, directrice générale de la Politique de l’assurance-emploi au ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences.

Cette dernière aurait réussi à rassurer Alma Breau-Thibodeau.

«Ça m’a rassurée de me faire dire qu’on ne perdrait pas notre assurance-emploi. Ça m’a fait du bien. On ne sera pas coupés. Je lui ai même fait répéter trois fois: "Me jures-tu que tu ne couperas pas notre assurance-emploi?" Elle m’a dit non, parce qu’il n’y a pas d’ouvrage dans la Péninsule acadienne», souligne Alma Breau-Thibodeau.

Mme Breau-Thibodeau a toutefois accepter d’envoyer une lettre à la fonctionnaire réclamant une annulation de la mesure qui demande aux prestataires de l’assurance-emploi d’effectuer trois recherches d’emploi par semaine.  

Cette mesure demeure une source d’inquiétude pour plusieurs bénéficiaires d’assurance-emploi, étant donné qu’une grande partie d’entre eux œuvrent dans des industries saisonnières.

Daniel Roussel est loin d’être rassuré par les commentaires rapportés par Alma Breau-Thibodeau.

«Je ne suis pas rassuré du tout. C’est comme s’ils nous donnaient un bonbon en disant tient, un candy, allez-vous-en avec ça. Ils rient de nous», lance-t-il.

Durant la totalité du rassemblement, plusieurs de ceux qui étaient présents ont profité de la présence des médias pour signaler leur mécontentement envers les conservateurs, en visant particulièrement le député de Madawaska-Restigouche, Bernard Valcourt.

Debout à l’extérieur des bureaux de Service Canada avec trois copains, Wilfred Brideau, de Tracadie-Sheila, dit avec ironie lever son chapeau au gouvernement Harper.

«Les conservateurs sont les premiers à m’obliger à sortir de la province pour travailler», fustige-t-il.

En plus de travailler dans la Péninsule acadienne, l’homme âgé de 53 ans est allé «faire ses timbres» en Nouvelle-Écosse, comme cueilleur de bleuets et de carottes.

«Bernard Valcourt nous traite de lâches, mais s’il y a bien un lâche, c’est Bernard Valcourt. Il a été élu par le peuple et il travaille contre le peuple», accuse-t-il.

Certains des gens présents n’hésitent pas à prédire que ce mouvement pourrait bientôt connaître des éclatements de violence, comme les émeutes de Shippagan en 2003.

Manifestation monstre à Inkerman
Les prestataires d’assurance-emploi sont loin de baisser les bras. Une manifestation monstre regroupant des intervenants de «grand nom» est prévue le 26 janvier, à 13 h 30, à Inkerman.