Rachel Godin a cru pendant 17 jours qu’elle avait le cancer

VILLAGE-DES-POIRIER – Rachel Godin a bien cru voir sa vie basculer, dans la nuit du 13 février.

Durant la nuit du dimanche 12 février au lundi 13 février, Rachel Godin se rend à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus de Caraquet après avoir été réveillée par d’insoutenables douleurs au ventre. Après un examen, un médecin lui dit avoir l’impression qu’elle est atteinte d’une embolie pulmonaire. Une hypothèse qu’elle trouve plausible puisqu’elle souffre d’un colon irritable depuis huit ans et qu’elle a une prédisposition génétique pour ce type de complication.

Au matin, Rachel Godin se rend à l’Hôpital de Tracadie-Sheila pour passer une tomodensitométrie (CT-scan). Elle passe rapidement l’examen pour retourner à Caraquet et recevoir les résultats. Un véritable coup de massue l’attend. Le médecin est catégorique: la patiente est atteinte d’un cancer des glandes.

Abasourdie par cette nouvelle, Rachel ne veut tout simplement pas y croire. Après s’être quelque peu remise de ses émotions, elle reçoit une invitation à passer une autre tomodensitométrie, mais cette fois à l’Hôpital régional Chaleur de Bathurst. Un rendez-vous qui ne viendra pas puisque l’appareil est à ce moment hors d’usage.

La patiente retourne donc chez elle, à Village-des-Poirier, près de Maisonnette, dans la Péninsule acadienne, où elle attend un examen le lendemain. Elle reste sur le qui-vive pendant quelques jours. 

Le 15 février, n’en pouvant plus d’attendre, son mari, Jean-Marc Godin, prend le téléphone. À sa grande surprise, il apprend que le cas de sa conjointe a été classé non urgent et que l’examen pourrait donc avoir lieu dans quatre ou même six semaines.

Non satisfait de cette réponse, et choqué de cette deuxième erreur (voir autre texte), M. Godin obtient que sa conjointe passe un autre examen dans une semaine. Le 22 février, Rachel Godin passe sa deuxième tomodensitométrie.

La semaine d’après, soit 17 jours après le premier diagnostic, son médecin de famille lui annonce qu’elle ne souffre d’aucun cancer. L’affirmation la laisse toutefois perplexe. À la fois soulagée et fâchée d’avoir à son avis reçu un premier diagnostic de façon précipitée (voir l’encadré sur le sujet), elle n’ose croire son médecin, après ce qui vient de lui arriver. Il faudra un long rendez-vous avec des explications bien détaillées pour l’en convaincre, le lendemain.

Ces deux semaines et demie angoissantes lui ont paru interminables, se souvient Rachel Godin.

«On vit dans l’attente. Tu traînes ton téléphone partout. On ne peut plus s’en passer. J’allais aux toilettes avec mon téléphone dans les mains. Ça gruge ton énergie que ce n’est pas long», assure-t-elle.

Même convaincue de son état de santé, Rachel Godin a du mal à récupérer de cette épreuve infernale. Insomnie, fatigue et divers troubles la hantent depuis, si bien qu’elle ne peut toujours pas profiter de cette «bonne nouvelle».

«Oui, c’est l’enfer», acquiesce-t-elle en tentant vainement de retenir ses larmes, encore troublée par ces événements qui ont été pour elle des plus bouleversants.

«Je commence juste à reprendre le dessus. La première semaine, je pleurais sans arrêt. Et annoncer ça à tout le monde, c’est l’enfer. L’environnement, aussi, la parenté et tout, ça vient te voir, et tout le monde pleure. Ouf! Je ne souhaite pas ça à personne», nous a-t-elle partagé.