U de M: 250 étudiants dans la rue

MONCTON – Deux cent cinquante étudiants de l’Université de Moncton ont descendu dans la rue pour tenter de convaincre le gouvernement provincial de miser sur l’éducation postsecondaire.

La Fédération des étudiants et des étudiantes du Centre universitaire de Moncton (FÉÉCUM) avait promis de joindre l’acte à la parole au lendemain du dépôt d’un budget provincial qu’elle jugeait sans grands égards pour les étudiants.

Deux cent cinquante d’entre eux sont descendus jusqu’à l’avenue Université mercredi midi pour barrer l’artère à la circulation «comme David Alward bloque l’accès aux universités», pouvait-on lire sur les affiches des manifestants.

«Ça prouve que les étudiants sont exaspérés par l’état dans lequel se trouve l’éducation postsecondaire au Nouveau-Brunswick», a observé la présidente de la FÉÉCUM, Joëlle Martin.

Avec une hausse annoncée des subventions gouvernementales aux universités d’à peine 2 %, la fédération craint une nouvelle augmentation de 175 $ des droits de scolarité à l’Université de Moncton. Le Nouveau-Brunswick est déjà en tête du peloton du coût des études universitaires au pays avec une moyenne de 5853 $ par année.

«Une augmentation de 175 $, à la longue ça donne des droits de scolarité beaucoup trop élevés. Ici, au Nouveau-Brunswick, ça monte tranquillement. 100 $ d’un côté puis 100 $ de l’autre. Dans dix ans ça fera 1000 $ et ça ne fait pas de bon sens», a établi Mme Martin devant une foule d’étudiants scandant «Réveille Alward!».

Le recteur de l’Université de Moncton a assisté brièvement à la manifestation qui a duré environ une heure. Yvon Fontaine n’a pas pris la parole devant les étudiants, mais a confié soutenir leur action.

«Les étudiants ont des préoccupations à exprimer et il nous faut bien les saisir. C’est important que nous (la direction) soyons bien à l’écoute de leurs revendications pour que nous puissions nous aussi les transmettre au gouvernement», a commenté le recteur devant les médias.

M. Fontaine a convenu que l’Université de Moncton aurait sans doute à hausser ses frais de scolarité de 175 $ l’an prochain afin de combler l’écart entre ses besoins réels et les subventions de Fredericton.

Après le rassemblement, une cinquantaine de manifestants ont pris impulsivement d’assaut les bureaux de la direction de l’université malgré la désapprobation des leaders de leur fédération.

Les étudiants ont demandé à parler au recteur «pour savoir s’il est de notre bord», a lancé l’un d’eux.

En l’absence du recteur, c’est le vice-recteur à l’administration et aux ressources humaines, Richard Saillant, qui a pris la parole de façon improvisée devant le groupe de manifestants.

«L’université a à cœur d’abord et avant tout une éducation qui soit accessible et bien financée. Nous nous inquiétons quand même de l’accessibilité à l’éducation, mais d’un autre côté nous faisons face à des coûts qui augmentent de façon considérable. Nous essayons de faire de notre mieux dans ce contexte-là», a expliqué M. Saillant aux étudiants.

Satisfaits, les manifestants se sont calmement dispersés par la suite.