RICHIBUCTO – Il est encore difficile de savoir si la réforme de l’assurance-emploi proposée par le gouvernement de Stephen Harper aura un impact sur les politiques d’embauche des entreprises qui recrutent habituellement des travailleurs saisonniers de l’extérieur du Canada.

Depuis environ six ans, le propriétaire du Verger Belliveau, Robert Bourgeois, compte sur des employés qui proviennent de pays étrangers.

Pendant la récolte des fruits, neuf de ses 90 travailleurs sont originaires de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, îles situées dans les Caraïbes. Cinq de ceux-ci travaillent 12 mois par année.

«Ce n’est pas facile d’avoir des employés qui sont régulièrement disponibles pour une saison courte comme la nôtre. L’automne, nous avons de cinq à six semaines pour ramasser nos pommes», a expliqué le propriétaire, dont la production se fait à Pré-d’en-Haut.

Tout comme plusieurs entrepreneurs du monde agricole, Robert Bourgeois ne sait pas comment la nouvelle réforme va affecter son personnel.

«Si une personne a le choix de travailler au Tim Hortons ou à la ferme, elle va probablement choisir le Tim Hortons. À la ferme, c’est du travail difficile, a-t-il soulevé. Je ne sais pas ce qui va se passer. J’ai discuté avec des fermiers de la Nouvelle-Écosse qui embauchent 170 employés étrangers et ils ne savent pas non plus. C’est le même scénario au Québec et en Ontario.»

Bob Gerrard est le propriétaire du A & W à Richibucto, où quatre Philippiens oeuvrent sous ce toit.

«Je vais être honnête. Je vais devoir me renseigner, car je ne sais pas exactement ce que le gouvernement veut implanter», a-t-il raconté.

Chose certaine, cet entrepreneur n’a pas été en mesure de dénicher assez d’employés locaux.

«Nous avons fait beaucoup de publicité, même au niveau national», a-t-il assuré.

Dans le comté de Kent, il y a quelque 117 travailleurs étrangers. Ils viennent du Vietnam (32), du Mexique (29), des Philippines (26), de la Roumanie (16) et de la Jamaïque (14).

La plupart, 91 pour être plus précis, travaillent dans une usine de transformation de poisson, soit à Cap-Lumière (Captain Dan’s) ou à Bedec (Village Bay Sea Products).

«Pour certaines entreprises, la nouvelle réforme sera positive, car elle fera en sorte que les employeurs auront accès à de la main-d’oeuvre locale. Ça sera bénéfique, car ça coûte cher faire venir des étrangers. Dans certains secteurs, où il y a notamment de la main-d’oeuvre spécialisée, ça sera moins favorable, car les employeurs devront former une nouvelle équipe, ce qui engendrera des coûts à l’entreprise», a indiqué le directeur général d’Entreprise Kent, Guy Léger.

Ayant également de la difficulté à pourvoir ses postes à temps plein, le Imperial Manufacturing Group de Richibucto a fait appel à 16 Rou­mains.

Jointe par téléphone, la directrice des ressources humaines, Maura Mackinnon, préférait attendre les détails de la réforme avant de commenter.

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