DIEPPE – Une lettre d’un professeur de biologie dénonçant une «loi du silence» entourant la qualité de l’enseignement du français dans le monde de l’éducation au Nouveau-Brunswick suscite l’animosité du corps professoral de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Moncton.

Marc-André Villard, dans une lettre publiée en son intégralité dans l’édition du 5 février de l’Acadie Nouvelle, tirait à boulets rouges sur le domaine de l’enseignement du français dans les écoles de la province en plus de réclamer des critères d’admissibilité plus sévères à la Faculté des sciences de l’éducation.

Dans sa missive, M. Villard critiquait également le processus d’embauche des professeurs chargés de former les futurs enseignants des écoles francophones.

«La formation des maîtres n’est pas toujours assurée par les meilleurs éléments au niveau universitaire. Parfois, le processus d’embauche privilégie des candidats acadiens alors que des candidats de l’extérieur, plus compétents, sont laissés pour compte, a écrit le professeur ajoutant plus loin que la compétence de nombreux enseignants dans nos écoles, ainsi que de ceux et celles chargés de les former, laisse donc parfois à désirer.»

Ce sont précisément ces passages qui soulèvent le mécontentement d’une vingtaine de professeurs et chargés d’enseignement de la Faculté des sciences de l’éducation. Ils signent d’ailleurs une correspondance interne, dont l’Acadie Nouvelle a obtenu copie.

Dans cette lettre, les signataires n’abordent pas les problèmes quant à la qualité du français enseigné à la Faculté ou dans les écoles néo-brunswickoises. Ils dénoncent plutôt un manquement aux Directives en matière d’éthique professionnelle et de relations professionnelles de l’Association canadienne des professeurs d’université de la part de M. Villard. Ils avancent également le professeur en biologie aurait contrevenu à la convention collective de l’Association des bibliothécaires, professeures et professeurs de l’Université de Moncton (ABPPUM) en dénigrant ses collègues de la Faculté des sciences de l’Éducation.

«Cette lettre était destinée aux membres de l’ABPPUM et avait pour but de rappeler aux membres que notre liberté académique est régie par un code d’éthique professionnel qui se trouve à la page 91 de notre Convention collective. C’est une question interne qui n’est pas d’intérêt public», a indiqué Sylvie Blain, professeure à la Faculté et signataire de la missive.

Selon le principal intéressé, les règles d’éthique et la convention collective n’ont pas été transgressées par les propos qu’il a tenus dans sa lettre. Il s’en remet d’ailleurs à une décision syndicale.

«Puisque le syndicat (ABPPUM) n’a pas approuvé cette perspective, ça doit montrer que je n’ai pas violé la convention collective ni les règles d’éthique. De toute façon, moi je suis convaincu de ne pas les avoir violées puisque je n’ai dénigré personne. J’ai dénoncé une pratique», a confié M. Villard.

Nos multiples tentatives pour obtenir les propos de l’ABPPUM dans cette affaire n’ont pas porté leurs fruits. Le recteur de l’établissement acadien, Raymond Théberge, a cependant affirmé que la liberté d’expression est encouragée à l’Université de Moncton sans toutefois aller plus loin.

«L’Université est un milieu où on accepte facilement le débat public et les professeurs jouissent de la liberté académique. Nous sommes une université et une université est un lieu de débat public», dit M. Théberge.

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