BATHURST – Une école peut-elle suspendre, même à titre préventif, un élève qui fait face à la justice pour un incident survenu en dehors de l’établissement et des heures scolaires, alors que celui-ci n’a pas été reconnu coupable?

C’est la question que se pose une maman dont le fils jusqu’à là scolarisé à l’École secondaire Népisiguit (ESN) de Bathurst est suspendu depuis le 26 février, et ce, pour une durée indéterminée.

Âgé de 17 ans, la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents nous interdit de divulguer son nom. Pour cette raison, l’identité de la mère restera également confidentielle.

La maman s’offusque de la décision du District scolaire de retirer son enfant de l’établissement scolaire, d’autant plus qu’il a de bons dossiers académique et disciplinaire.

«Je suis frustrée. Il est suspendu pour une durée indéterminée, jusqu’à ce que l’étude du dossier soit déterminée, m’a-t-on dit. Ils (le personnel du District scolaire) se basent sur des ouï-dire. On m’a expliqué que c’est un retrait préventif. Pourtant, les conditions de relâche (mise en liberté de la cour) disent qu’il doit demeurer dans sa résidence, sauf pour aller à l’école et suivre le programme éducationnel de l’ESN», raconte la maman.

La justice de Miramichi l’accuse d’être impliqué, avec un autre comparse, dans une affaire de vol à main armée dans un dépanneur de la municipalité. Il a plaidé non coupable à cette accusation.

«On m’a dit qu’il y a eu plusieurs plaintes des parents, parce que lorsque l’autre jeune (le présumé complice) s’est présenté à l’école, le lendemain de la cour, des jeunes filles auraient eu peur. Dans ce cas, l’école devrait fournir des ressources, comme lors de l’accident des Boys in Red. Les plaintes ne concernaient pas mon fils, qui n’a pas été à l’école du tout depuis sa comparution au tribunal, étant donné qu’il avait besoin d’un peu de temps pour décompresser et gérer toutes ses émotions», a relaté la mère.

D’autres jeunes de l’ESN, aussi soupçonnés d’être mêlés à des vols liés à cette présente affaire, n’ont plus accès à l’établissement.

«Mon fils, lui, n’a pas d’antécédents judiciaires. On m’a dit que tout le groupe qui serait impliqué dans cette affaire allait être traité de la même manière. Je ne veux pas porter de jugement contre les autres, mais chaque personne devrait être traitée individuellement», a-t-elle précisé.

Ni la direction de l’école ni le District scolaire francophone Nord-Est ne veulent commenter par souci de confidentialité.

D’habitude, le retrait d’un élève est la responsabilité de la direction de l’école.

Cependant, si la suspension est d’une durée de plus de cinq jours, alors le District scolaire s’implique dans la décision, tout comme lors de situations particulières.

«Lorsqu’une situation peut perturber le climat, le fonctionnement de l’école, et même la sécurité des élèves, c’est nécessaire pour l’établissement et les dirigeants du District de l’évaluer ensemble. Nous allons toujours chercher l’information nécessaire pour la prise de décision», a répondu Annie L. Levesque, la porte-parole du District.

L’avocat de l’adolescent multiplie les tentatives pour faire réintégrer son client dans le milieu scolaire. «Ils jouent avec les mots en parlant de retrait préventif, pour éviter qu’on fasse appel de leur décision. Le District scolaire fait la sourde oreille à nos demandes répétées. C’est incompréhensible que le jeune ne soit pas à l’école. Il n’y a pas de fondement juridique à cette décision. L’école est un droit», fait valoir Me Luc Roy.

Mère et fils ont fait une tentative mercredi pour se faire admettre en classe, mais ils se sont fait refouler par la direction scolaire. Le jeune homme doit comparaître le 26 mars, pour connaître la date de son procès.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle