Brian Gallant, le favori qui ne tient rien pour acquis

BOUCTOUCHE – Candidat des libéraux dans une circonscription depuis toujours favorable à son parti, Brian Gallant tente de légitimer son rôle de chef de l’opposition, et de poser les premiers jalons de la reconquête du pouvoir aux élections générales de 2014.

Plus qu’un avantage, le jeune chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick prend pour un handicap le fait d’aborder l’élection complémentaire de Kent en position de favori. Face aux conservateurs et surtout aux néo-démocrates, qui gagnent des voix en mordant sur l’électorat libéral, il répète inlassablement que rien n’est acquis d’avance et que chaque vote compte.

«De nos jours, les gens décident d’élection en élection pour qui ils vont voter, en fonction des individus, de leur vision et de leurs idées. Alors, ne tenons rien pour acquis. Nous devons travailler très fort pour que les gens réalisent ce que nous voulons faire pour eux dans l’avenir», a reconnu M. Gallant.

Né à Shediac Bridge en 1982, Brian Gallant puise, du côté paternel, ses racines familiales dans le comté de Kent. Son arrière-grand-père, Fred Gallant, était forgeron à Bouctouche. Sa mère est la fille d’immigrants hollandais, qui se sont installés dans la région dans les années 1950.

Titulaire d’une maîtrise en droit de l’Université McGill, ce juriste de formation est présentement associé dans un cabinet dieppois, spécialisé dans le droit commercial.

À l’âge de 24 ans, il s’est frotté pour la première fois au combat électoral en défiant le premier ministre sortant Bernard Lord dans la circonscription de Moncton-Est. Bien que battu, il avait néanmoins recueilli 40,6 % des suffrages, loin devant le candidat néo-démocrate Mark Robar (4,6 %).

Actuellement, le programme de l’assurance-emploi est au coeur des préoccupations de la population de Kent, qui fait part de ses inquiétudes au candidat libéral chaque fois qu’il frappe à une porte.

Brian Gallant se fait le chantre d’une nouvelle façon de faire de la politique. Pour lui, une bonne idée reste bonne à prendre, d’où qu’elle vienne. C’est pourquoi il estime qu’il est du devoir des élus du peuple de réaliser l’union sacrée lorsque les intérêts de la province sont en danger.

«Le gouvernement provincial, incluant tous les députés, a un rôle à jouer pour défendre les intérêts du Nouveau-Brunswick, professe M. Gallant. Nous sommes très déçus que le gouvernement conservateur n’ait pas signé la lettre avec nous lorsque nous avons dénoncé les changements auprès de M. Harper.»

De réunions en rencontres publiques, le candidat libéral énonce sans relâche ses priorités pour Kent: investir dans les infrastructures, l’éducation et la formation, créer une agence de développement économique proactive pour promouvoir la région et remettre son économie sur la bonne voie.

S’il est élu, Brian Gallant envisage de passer du temps auprès de la population de son district électoral, malgré les contraintes liées à la double responsabilité qui serait la sienne. Un défi que le fringant trentenaire entend relever, et dont il a évoqué les modalités.

«Ma priorité sera de représenter les gens de Kent, si j’ai la chance de pouvoir le faire. Un député doit être présent à Fredericton pour y porter les préoccupations et les intérêts de sa circonscription. La seule différence est que je serai aussi chef de l’opposition.»