Vers une nouvelle crise du homard?

MONCTON – Le gouvernement du Nouveau-Brunswick et l’Union des pêcheurs des Maritimes sont d’accord pour dire que le climat qui a mené à la crise du homard en août 2012 règne toujours en 2013. La pêche dans la Péninsule acadienne, qui doit commencer à la fin d’avril, est entourée d’incertitudes.

L’industrie de la pêche au homard au Nouveau-Brunswick a connu son lot de controverses au cours des huit derniers mois. 

En août 2012, plus de 200 pêcheurs du détroit de Northumberland ont manifesté leur désaccord quant au faible prix du homard en bloquant l’accès à des usines de transformation. 

À la suite de cette crise, le ministre de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches du Nouveau-Brunswick, Michael Olscamp, et le directeur de l’UPM, Christian Brun, se sont résolus à trouver une solution.

Depuis, au moins neuf réunions ont eu lieu entre les pêcheurs et les transformateurs, en plus de deux réunions avec les pêcheurs de l’Île-du-Prince-Édouard et d’innombrables rencontres, tant formelles qu’informelles, entre les gouvernements provincial et fédéral. 

À deux semaines du début de la pêche dans la zone 23 (Péninsule acadienne), tous les efforts du gouvernement provincial et de l’UPM pour augmenter la valeur du homard semblent avoir été ultimement voués à l’échec.

«Ce qui se passe du côté des prix et des marchés est toujours incertain. Tous les autres facteurs qui ont provoqué la situation (l’automne dernier) n’ont pas changé», a fait savoir le directeur de l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM), Christian Brun.

«Au Maine, ils sont en train de pêcher beaucoup de homard et le prix est bas, a dit pour sa part M. Olscamp. Il y a toutes sortes de facteurs qui sont en jeu. Je ne suis pas la personne qui contrôle les prix, ce sont les marchés qui les déterminent. Mais il y a une possibilité que les conditions soient les mêmes, oui.»

L’an dernier, la pêche du printemps dans la Péninsule acadienne s’est relativement bien déroulée. Les prises étaient bonnes et les prix plutôt faibles. La pêche d’automne du comté de Kent et du sud-est, par contre, s’est retrouvée en situation de crise. 

Cette année, les pêcheurs de la zone 23 risquent de connaître plus de difficultés en raison de la surabondance de homard sur les marchés.

L’événement déclencheur de crise de l’été 2012 a eu lieu quand un acheteur majeur de homards, Darden Restaurants, qui possède la chaîne américaine Red Lobster, a décidé d’enlever les homards de petite taille de ses menus.

Les propriétaires d’usines de transformation du homard ont alors avisé les pêcheurs qu’ils n’achèteraient pas le petit homard (au moins 71 millimètres) et qu’ils paieraient moins de 2 $ pour le gros.

Acculés au pied du mur, les pêcheurs ont manifesté contre cette annonce en bloquant l’accès à plusieurs usines.

Le 11 août, une entente a eu lieu, puis les pêcheurs ont obtenu la garanti qu’ils obtiendraient entre 3 $ pour le petit homard et 3,50 $ la livre pour le gros.

Il reste à voir si l’impact sera aussi grave dans la zone 23, et quelle sera la réaction des pêcheurs. 

«Pour la question de savoir s’il va y avoir des manifestations ou des démonstrations, l’UPM ne peut pas prévoir comment les pêcheurs vont réagir si les choses continuent à aller mal», a affirmé M. Brun.