Carte électorale: des députés endossent les objections

FREDERICTON – Les communautés acadiennes accordent une dernière chance à la Commission sur la délimitation des circonscriptions électorales provinciales. Les représentants de cinq régions ont remis leurs plaintes au directeur général de la commission, jeudi matin, à Fredericton.

Les porte-parole de Memramcook, Néguac, Saint-Isidore, Beresford et Dundee s’opposent aux changements proposés à la carte électorale provinciale par la commission de six membres.

Selon la nouvelle carte, le village de Memramcook et la communauté de Néguac passent tous deux de circonscriptions à majorité francophone vers de nouvelles circonscriptions dans lesquelles dominent les anglophones.

«On a vraiment une crainte. On a peur de ce qui va se passer. La Cour suprême a reconnu qu’un député divisé entre une majorité et une minorité favorise souvent la majorité», a confié la représente de la communauté de Néguac, l’ex-députée libérale Carmel Robichaud.

«Nos droits et libertés ne sont pas respectés par la commission», a-t-elle dit.

Les porte-parole des régions de Saint-Isidore, Beresford et Dundee déplorent tous les changements à la carte électorale, qui les placent dans de nouvelles circonscriptions avec lesquelles elles n’ont pas d’intérêts communs.

À cette étape du processus de redécoupage électoral, chaque objection devait recevoir l’aval de deux députés pour être recevable devant la commission. Des membres du gouvernement et de l’opposition officielle ont signé chacune d’entre elles.

Le progressiste-conservateur Claude Landry de Tracadie-Sheila et le libéral Denis Landry de Centre-péninsule-Saint-Sauveur ont présenté à la commission les doléances des communautés de Saint-Isidore et de Néguac.

«Moi et Claude nous ne partageons pas les mêmes opinions politiques, mais nous partageons les mêmes opinions sur les intérêts de la Péninsule acadienne», a résumé Denis Landry.

Commission sur la délimitation des circonscriptions électorales provinciales, qui a déjà déposé son rapport final au début de mois, bénéficie de 30 jours pour étudier les objections soumises par les députés. Elle devra alors écrire un nouveau rapport avec ou sans modification de la carte déposée au début du mois.

Si les commissaires ne répondent pas favorablement aux demandes des cinq communautés, les Acadiens demanderont à un juge de trancher.

«Je ne pense pas que nous aurons besoin de la justice. Les commissaires sont des gens intelligents et bien formés», a dit le maire de Saint-Isidore, Oscar Roussel, ajoutant être prêt à aller jusqu’au bout.

Les communautés francophones sont appuyées dans leurs démarches par la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick et l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick.

– Plus de détails à venir