Gaz de schiste: 16 mesures pour encadrer l’industrie

FREDERICTON – La province n’a toujours pas d’idée définitive de la quantité de ressources pétrolières et gazières que pourrait renfermer le sous-sol néo-brunswickois. Mais elle se prépare au cas où les résultats des travaux d’exploration se montreraient encourageants. 

 

C’est dans cette perspective que le ministre de l’Énergie et des Mines, Craig Leonard, et son homologue de l’Environnement et des Gouvernement locaux, Bruce Fitch, ont dévoilé le Plan directeur pour le pétrole et le gaz naturel, jeudi à Fredericton.

«Ce plan permettra, tout d’abord, à l’industrie de déterminer s’il existe une ressource viable à exploiter», peut-on lire dans l’introduction du document.

Mais le ministre Craig Leonard ne cache pas son enthousiasme face aux possibilités que représente le secteur gazier.

«Le secteur du pétrole et du gaz naturel offre des possibilités incroyables qui peuvent se révéler très favorables à notre économie provinciale et à notre avenir», a affirmé M. Leonard. 

«Le plan directeur offrira un guide solide et stratégique qui pavera la voie de l’avenir et qui s’appuie sur la récente publication de nouvelles règles pour l’industrie», a ajouté le ministre.

Ce plan comporte une série de 16 mesures qui sont inspirées de six principes, qui sont, dans l’ordre: la responsabilité environnementale, la réglementation et l’application efficace, les relations communautaires, la participation des Premières Nations, la stabilité des approvisionnements et le développement économique.

Ce dernier élément est toutefois celui qui a été le plus souvent évoqué en tant que raison première du développement du gaz de schiste.

La semaine dernière, plusieurs députés conservateurs ont dénoncé la position du Parti libéral qui réclame un moratoire sur le développement de cette ressource en arguant que l’opposition demandait un moratoire sur le développement économique de la province.

Toutefois, pour le moment, l’industrie ne dispose pas encore des données pouvant confirmer la viabilité de l’exploitation du gaz de schiste au Nouveau-Brunswick.

«Ce dont nous disposons en ce moment, ce sont des estimations des réserves dans les régions de Hillsborough, d’Elgin et de Sussex. Ce travail a été exécuté par des entreprises géophysiques et leurs estimations sont de l’ordre de 80 billions (1 billion = 1000 milliards) de pieds cubes (de gaz de schiste) pour ces secteurs», a indiqué le ministre Leonard.

Par contre, même si ces estimations sont confirmées, ce qui importera sera la quantité de ce gaz qu’il sera possible d’extraire du sous-sol, et la rentabilité de son exploitation.

«Même dans les endroits où la présence de la ressource est confirmée, nous ne savons pas si elle peut être extraite de façon rentable», a souligné le ministre Leonard.

Entre-temps, le gouvernement espère, avec le Plan directeur pour le pétrole et le gaz naturel, mettre tous les morceaux du casse-tête en place afin d’être prêt le moment venu.

Et si les considérations économiques apparaissent comme étant incontournables, les préoccupations d’ordre environnemental le sont tout autant.

«Compte tenu de l’importance que ce plan accorde à la qualité de l’air et de l’eau, il est clair que notre objectif est de nous assurer que l’industrie pourra se développer tout en étant respectueuse de l’environnement», a déclaré le ministre de l’Environnement et des Gouvernements locaux, Bruce Fitch. 

«Nous devons protéger l’eau et l’air qui nous entourent. La sécurité des gens du Nouveau-Brunswick doit être assurée pour que cette industrie puisse aller de l’avant. Nous mettons en place des garanties afin d’être prêts si l’industrie se développe dans notre province», a insisté M. Fitch.

Dans le même esprit, le gouvernement annonce qu’il veillera à la prise en compte continue des enjeux associés à la santé publique. 

C’est pourquoi le ministère de la Santé sera impliqué dans les mesures d’évaluation lorsque des entreprises présenteront des demandes de permis pour des projets. 

Le Plan directeur pour le pétrole et le gaz naturel comprend également la réponse du gouvernement aux rapports du professeur Louis LaPierre et de la médecin-hygiéniste en chef de la province, la Dre Eilish Cleary.

 

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«AUCUN CRÉDIBILITÉ SUR LE PLAN ENVIRONNEMENTAL», SELON LE PARTI VERT

FREDERICTON – Le chef du Parti vert, David Coon, estime que le Plan directeur pour le pétrole et le gaz naturel du gouvernement Alward ne fait absolument rien pour lutter contre les changements climatiques.

«Aucune crédibilité sur le plan environnemental et sur le plan économique», a lancé le chef des verts.

«Même la première ministre de l’Alberta reconnaît qu’il faut un plan solide de lutte aux changements climatiques quand vous parlez de pétrole et de gaz naturel», a-t-il ajouté.

«C’est une approche économique à l’ancienne. On se croirait dans les années 1950», s’est-il choqué, expliquant que l’on devrait développer des sources d’énergie propres au lieu de miser sur des combustibles fossiles.

Le critique libéral en matière d’Environnement et de gouvernements locaux, Bernard LeBlanc, a pour sa part déploré que le gouvernement finance fortement l’Institut de l’énergie, issu du rapport du professeur LaPierre, mais qu’il semble négliger la médecin-hygiéniste en chef, la Dre Eilish Cleary.

«C’est un pas dans la bonne direction que les recommandations de la Dre Cleary se trouvent dans le document», a-t-il toutefois estimé.

«Si c’est dans le Plan directeur, il devrait y avoir de l’argent pour appliquer les recommandations de la Dre Cleary. Cela devrait être fait», a estimé le député de Memramcook-Lakeville-Dieppe. – PM