Atteinte de cécité, la petite Cloey se développe à son rythme

MONCTON – Deux ans après ses premiers traitements médicaux à l’étranger, Cloey Carrasquillo, une fillette aveugle de naissance, continue de se développer à son propre rythme, entourée de sa famille.

Le public a fait la connaissance de Cloey Carrasquillo en octobre 2010. À l’époque, ses parents, Nick Carrasquillo et Karine Brideau, avaient contacté l’Acadie Nouvelle pour partager leur grand projet: amener leur fille à l’autre bout du monde pour y subir un traitement médical d’avant-garde.

Cloey est atteinte de cécité. Ses nerfs optiques ne se sont pas suffisamment développés et depuis sa naissance elle n’y voit que du noir. L’injection de cellules souches, un traitement offert en Chine, mais pas au Canada, semblait très prometteuse.

Les communautés de Moncton, où vit la famille Carrasquillo, et de la Péninsule acadienne, d’où est originaire la mère de Cloey, ont alors mis la main à la pâte pour amasser les quelques dizaines de milliers de dollars que coûte le traitement.

Au final, Cloey s’est rendue en Chine à deux reprises pour y subir ces injections de cellules souches, au printemps 2011 et à l’automne 2012.

Six mois après son second séjour en Chine, Cloey est maintenant âgée de cinq ans. Récemment, un nouveau diagnostic est tombé.

«Elle est autiste, ça, c’est nouveau, raconte Karine Brideau.

Après le deuxième voyage, nous avons fait plusieurs tests et évaluations, car elle a aussi un retard de communication et ça m’inquiétait un peu.»

Le nouveau diagnostic est pourtant loin d’avoir atterré les parents de Cloey.

«Ce n’était pas une grosse surprise. C’est plutôt un soulagement parce que là elle peut avoir les services qui viennent avec ce diagnostic», explique Mme Brideau.

Cloey Carrasquillo fréquente depuis un centre spécialisé dans le développement des enfants autistes.

«Ça fait seulement sept semaines et les changements sont incroyables du côté communication, relate la mère. Elle parle beaucoup plus.»

Même s’il est encore difficile aujourd’hui de dire à quel point les traitements de cellules ont permis d’améliorer la vue de Cloey, Karine Brideau est heureuse d’avoir tenté le coup.

«En tant que parent, quand il y a quelque chose à faire, tu veux tout essayer.»

Chose certaine, les yeux de la fillette ont pris de la couleur. Ses nerfs optiques sont aussi en meilleure condition, selon les spécialistes. Pour la première fois, elle porte parfois à son visage des jouets lumineux, ajoute sa mère.

«Pour le reste, il va falloir attendre qu’elle puisse plus communiquer pour savoir comment est sa vue», résume Mme Brideau.