Nouvelle réduction du budget de l’APÉCA

MONCTON – Ottawa impose une nouvelle réduction de budget à l’Agence de promotion économique du Canada atlantique (APÉCA).

Le Budget des dépenses 2013-2014 du gouvernement du Canada prévoit une baisse de 23 millions $ au budget de l’agence fédérale responsable du développement économique des provinces de l’Atlantique.
En ajoutant la réduction de 7,28 millions $ décrétée l’an dernier par Ottawa, l’APÉCA s’est vu réduire son budget de 10 % en deux ans.

Le politologue Jean-François Caron, de l’Université de Moncton, campus de Moncton, voit dans cette mesure budgétaire l’abandon des provinces de l’Est par le gouvernement de Stephen Harper.

«Au lieu de donner le moyen aux entrepreneurs de relancer l’économie, on vient couper le budget d’environ 10 %. Ça envoie le signal que même le gouvernement peut baisser les prêts en ce qui a trait à l’avenir économique de la région. Ce n’est pas très réjouissant», constate-t-il.

M. Caron déplore notamment la baisse de 13,58 millions $ des contributions prévues en vertu du Programme de développement des entreprises en comparaison aux sommes dépensées en 2012-2013. Le programme avait subi un an plus tôt une coupe de 14,35 millions $.

«C’est une diminution assez significative alors que l’on sait que les petites et moyennes entreprises sont les poumons du développement économique pour plusieurs régions du pays», note-t-il.

Mais selon un porte-parole de l’agence, «l’APÉCA s’est donné comme priorité de réaliser efficacement les économies ciblées sans nuire aux programmes destinés aux petites et moyennes entreprises et aux collectivités».

Robert Bourgeois a rappelé dans un courriel au journal que «le gouvernement du Canada s’est donné comme priorité absolue de stimuler l’économie et d’assurer l’utilisation judicieuse de l’argent des contribuables.»

«Comme tous les ministères fédéraux, l’APÉCA contribue à l’atteinte des objectifs de réduction du déficit en trouvant des possibilités d’économies, notamment dans ses opérations internes», précise le porte-parole de l’agence.

Selon Jean-François Caron, les coupes à l’APÉCA relèvent plutôt d’un calcul politique de la part des conservateurs.

«Le gouvernement n’a pas besoin du Québec et de l’est du pays pour former une majorité, les conservateurs l’ont prouvé en 2011.

Lors des prochaines élections, l’Ouest va avoir une trentaine de sièges de plus, donc j’ai l’impression qu’il y a un gros calcul politique ici et que le gouvernement se rend compte qu’il n’a rien à perdre en sacrifiant les intérêts de l’est du pays», constate le politologue.

Selon la ministre responsable de l’APÉCA, la députée Gail Shea, de l’Île-du-Prince-Édouard, le gouvernement fédéral «appuie fermement l’APÉCA, que nous considérons comme un outil important pour créer des emplois et favoriser la croissance économique et la prospérité à long terme au Canada atlantique».