Pêche au homard: pas de règlement en vue

SHEDIAC – Les homardiers du Nouveau-Brunswick ont repris la mer, mais ils sont toujours insatisfaits du faible prix qu’ils reçoivent des transformateurs pour leurs prises.

Alors que les homardiers de l’Île-du-Prince-Édouard et d’une partie de la Nouvelle-Écosse poursuivre leur boycott, ceux du Nouveau-Brunswick sont repartis en mer, lundi.

Le directeur général de l’Union des pêcheurs des Maritimes, Christian Brun, explique que la décision sera réévaluée sur une base quotidienne et que les moyens de pression pourraient reprendre.

«Les pêcheurs du Nouveau-Brunswick sont partis pêcher aujourd’hui, mais ça ne veut pas dire que c’est officiel pour le reste de la semaine», a-t-il expliqué.

«On y va un jour à la fois, a-t-il poursuivi. Mardi matin, tous les pêcheurs sortiront probablement, sauf pour une centaine de pêcheurs de Baie-Sainte-Anne, qui demeurent indécis.»

Dans la zone de pêche 23, qui longe la côte nord-est du Nouveau-Brunswick de Dalhousie à Pointe-Sapin, les homardiers se disent toujours insatisfaits des montants qu’ils obtiennent pour le homard. 

Ils reçoivent 3 $ la livre pour le homard destiné à la mise en conserve (carapace de 72 mm à 80 mm) et 3,50 $ pour le homard destiné au marché (81 mm ou plus). Ils demandent au moins 4 $ la livre. 

La semaine dernière, les pêcheurs des quais d’Escuminac et de Pointe-Sapin ont tenu des manifesations, ont cogné aux portes des trois transformateurs locaux et se sont rendus à Shediac, où ils ont demandé des réponses à un courtier international. Celui-ci leur a répondu que la baisse des prix est d’abord reliée à une surabondance de homards sur les marchés. Les prises ont été excellentes ces derniers mois, notamment au large du Maine.

Vendredi, le reste des pêcheurs néo-brunswickois sont restés à quai par solidarité. Samedi, plusieurs, dans la région de Caraquet notamment, ont repris la pêche.

Lundi, les autres ont décidé de quitter à leur tour les quais pour lever leurs casiers. 

M. Brun affirme que ce n’est pas de gaieté de coeur que les pêcheurs ont pris la mer, mais qu’ils le font pour subvenir aux besoins de leurs familles même si leurs revenus sont à peine suffisants pour couvrir les coûts d’exploitation.

«À un moment donné, il faut faire un choix. Le prix n’est pas suffisant pour en faire une vie à long terme, mais les pêcheurs se disent qu’ils n’ont pas d’autre choix s’ils veulent passer à travers de l’année.»

Lundi, le ministre de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches, Michael Olscamp, a convoqué l’UPM à une réunion urgente pour étudier la situation de la pêche au homard. 

Il a expliqué qu’il n’a pas le pouvoir d’imposer des règlements, mais qu’il peut aider à faciliter la communication entre les membres clés de l’industrie.

Des mesures plus radicales pourraient être prises par le gouvernement fédéral. Cepen-dant, ce dernier demeure silencieux.

«Le gouvernement fédéral ne s’est pas montré le nez, il est complètement absent, a lancé Christian Brun. Il semble ignorer le problème qui a lieu dans l’industrie du homard.»

«C’est une situation fédérale, a-t-il poursuivi. Une province ne peut pas régler le problème à elle seule, puisqu’il sévit dans cinq provinces maintenant.»

Le directeur de l’UPM estime que de grandes mesures doivent être prises afin de prévenir une crise à long terme dans l’industrie du homard du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse, du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador.