Crimes sexuels: de nouvelles accusations contre Donnie Snook

SAINT-JEAN – Autre rebondissement majeur dans la tristement célèbre affaire Donnie Snook.

À peine 48 heures après avoir plaidé coupable à Saint-Jean à un total de 46 chefs d’accusation en lien avec des crimes de nature sexuelle, l’ancien conseiller municipal de la cité portuaire doit à nouveau faire face à la justice.

Selon des documents de la cour obtenus par La Presse Canadienne, l’ancien pasteur âgé de 41 ans, devra comparaître le 11 juin à Corner Brook devant la Cour provinciale de Terre-Neuve-et-Labrador, et ce, afin de répondre à deux chefs d’accusation d’agression sexuelle et deux chefs d’accusation de contacts sexuels.

C’est ce qu’a également confirmé en entrevue à l’Acadie Nouvelle le sergent Marc Coulombe, agent des relations avec les médias pour la GRC à Terre-Neuve-et-Labrador.

Les faits reprochés impliqueraient un garçon âgé de moins de 14 ans au moment des événements, qui seraient survenus au milieu des années 1990.

Les deux premières accusations seraient liées à des incidents qui se seraient produits près de Mont Moriah, à Terre-Neuve, d’où est originaire Donnie Snook.

Dans les deux autres cas, les événements auraient eu lieu au parc provincial de Barachois, dans la même région.

Alors que les victimes de Donnie Snook peinent à passer à travers ce triste épisode de leur existence, certaines d’entre elles songeraient à intenter des poursuites au civil contre ce dernier et peut-être même contre le ministère du Développement social du Nouveau-Brunswick.

L’Acadie Nouvelle rapportait en primeur dès février que le ministère était concerné dans l’importante enquête policière impliquant l’ancien politicien.

Le service des archives du ministère, situé à Fredericton, avait soumis à l’époque à la police tous les dossiers concernant Donnie Snook et son rôle dans le passé comme famille d’accueil.

Il appert selon les informations recueillies par l’Acadie Nouvelle et des documents obtenus de la cour que la situation serait des plus tendue et pénible au sein des employés du ministère qui ont eu à traiter de près avec Donnie Snook et ses victimes.

«Pour plusieurs, la situation est quasi invivable. L’enquête policière n’ayant pas débouché à l’époque sur des accusations criminelles, certains s’en veulent que les témoignages de quelques jeunes qui affirmaient à l’époque avoir été agressés sexuellement et s’être réveillés dans le lit aux côtés de Donnie Snook à son domicile n’aient pas été pris plus au sérieux par les autorités. Plusieurs craignent carrément de perdre leur emploi et de faire les frais de cette histoire», a confié à Fredericton un employé du ministère du Développement social du Nouveau-Brunswick, qui est près du dossier, et qui a préféré garder l’anonymat.

À cette époque, le manque d’information et de témoignages crédibles avait mené à l’abandon de l’enquête au sujet de Donnie Snook. Son droit d’agir en tant que famille d’accueil lui avait toutefois été retiré.

Une autre source qui s’est confiée à l’Acadie Nouvelle affirme de son côté avoir côtoyé Donnie Snook à Saint-Jean pendant de nombreuses années, lors d’activités sociales et religieuses.

«Je peux témoigner de son grand intérêt à voyager à destination de New York et du nombre important de voyages qu’il a effectués avec de jeunes garçons et des adultes à cet endroit».

Alors que la question des vérifications des antécédents judiciaires et du lourd passé de Donnie Snook à travers ses nombreuses activités communautaires font plus que jamais surface, on ignore si l’enquête pourrait désormais se diriger du côté de l’État de New York.

Joint par l’Acadie Nouvelle vendredi soir, l’avocat de Donnie Snook, Me Dennis Boyle, a refusé de commenter la situation et même de préciser s’il représentait encore son client.

«Je n’ai aucun commentaire à livrer et aucune réponse à vos questions», a affirmé ce dernier.

Incarcéré depuis son arrestation en janvier, dans un endroit tenu désormais secret, Snook doit également être de retour devant la Cour provinciale du Nouveau-Bruns­wick à Saint-Jean le 25 juin.