18 chômeurs ont participé aux cours du gouvernement

CARAQUET – Le bilan est sans appel. Moins de 20 personnes ont participé au programme de formation annoncé en grande pompe en mars par le gouvernement Alward pour aider les travailleurs saisonniers victimes du trou noir.

La majorité des personnes qui ont profité du programme se trouvent dans la Péninsule acadienne avec 15 bénéficiaires, d’après les chiffres transmis à l’Acadie Nouvelle par le ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail. Les autres régions sont encore plus mal loties avec un seul bénéficiaire dans la région Chaleur-Restigouche, idem à Miramichi et à Moncton.

Seulement 18 chômeurs ont participé à la formation, qui a tout de même coûté au total près de 95 000 $ à la province. Cette formation rémunérée de cinq semaines visait à aider certains chômeurs néo-brunswickois confrontés au trou noir, cette période entre la fin des prestations d’assurance-emploi et le début du travail saisonnier.

Cette année, les difficultés risquaient pour eux d’être plus grandes avec la suppression par le gouvernement fédéral du programme pilote qui permettait jusque-là de prolonger de cinq semaines les prestations versées aux travailleurs saisonniers au chômage.

Force est de constater que la formation qui s’est achevée officiellement le 31 mai n’a pas rencontré son public.

«Le gouvernement provincial ne s’était pas fixé d’objectifs quant à la popularité de ce programme», commente le ministre Danny Soucy dans une réponse transmise par courrier électronique à l’Acadie Nouvelle.

«Nous avons aidé ceux et celles qui ont bien voulu participer à la formation», poursuit-il sans préciser si le programme sera ou non reconduit l’année prochaine.

L’hypothèse semble peu probable. Ce programme, dès son lancement, avait suscité des réactions pour le moins mitigées de la part des chômeurs qui manifestaient encore contre la réforme de l’assurance-emploi.

Les conditions d’accès au programme étaient également assez restrictives.

Pour se prévaloir du programme, il fallait notamment avoir un historique de travail saisonnier démontré dans l’industrie et que ses prestations se soient terminées après le 1er février 2013.

Il était accessible uniquement aux prestataires de l’assurance-emploi des deux seules régions économiques Madawaska-Charlotte et Restigouche-Albert. Ce sont elles qui bénéficiaient du programme de prestations allongées en raison du poids de l’industrie saisonnière, explique-t-on à l’époque du côté du ministère du Travail.

Un échec prévisible
«Cela ne me surprend pas du tout qu’il y ait eu un si faible nombre de participants. Je m’attendais un peu à ça, ce n’est pas la solution qu’il fallait» considère Guy Lanteigne, qui se dit tout même déçu. Il a lancé la pétition contre la réforme de l’assurance-emploi, qui a recueilli plus de 34 000 signatures ces derniers mois.

«La population a répondu selon ses besoins. Ces gens-là ont besoin d’aide pour leur permettre d’occuper un emploi saisonnier et d’avoir accès à l’assurance-emploi dans la dignité», poursuit-il en évoquant le cas des travailleurs saisonniers de l’industrie acéricole, dont le succès cette année a dépassé toutes les espérances.

«Ce sont des experts dans leur domaine. À quoi bon envoyer ces gens en formation pour tenter de les changer de domaine, je ne crois pas que ce soit une solution», dit Guy Lanteigne.

Quant à savoir s’il serait opportun de renouveler l’expérience, son jugement est définitif: «Il n’y a aucun besoin de reconduire un tel programme, ça serait complètement inutile».