La première ministre de l’Alberta en visite au N.-B.

FREDERICTON – La première ministre de l’Alberta, Alison Redford, était de passage vendredi à Fredericton, où elle a été reçue chaleureusement par son homologue néo-brunswickois, David Alward.

Mme Redford s’est exprimée à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick dans le cadre d’une visite dont l’objectif était de faire avancer le projet de développement d’un oléoduc d’ouest en est. La proposition reçoit un accueil favorable du gouvernement Alward.

«Il y a un nouvel esprit de coopération à l’œuvre au Canada. Je suis ici pour vous laisser savoir que du point de vue de l’Alberta, nous sommes disposés à l’accueillir à bras ouvert, particulièrement lorsqu’il s’agit de questions aussi cruciales que le développement responsable des ressources», a déclaré Mme Redford.

Alison Redford s’est aussi félicitée d’avoir pu trouver en David Alward un partenaire dévoué à la cause de la prospérité du Canada tout entier.

«Le premier ministre Alward a été un formidable champion d’un Canada fort et d’un Nouveau-Brunswick fort. La possibilité de travailler en partenariat afin de réaliser des choses qui vont permettre aux Canadiens de réussir est très emballante», a-t-elle estimé.

La première ministre albertaine a aussi profité de l’occasion pour s’adresser aux parlementaires dans la langue de Molière.

«Quand un secteur est prospère dans une province, c’est le pays tout entier qui en ressent les bienfaits; il y a plus d’emplois et plus d’argent pour plus de gens, grâce aux remises, aux impôts, aux contrats et aux investissements», a-t-elle dit dans un français irréprochable.

TransCanada prévoit convertir un gazoduc existant de 3000 kilomètres pour transporter le pétrole brut de l’Alberta jusqu’au Québec, avec la possibilité d’y ajouter un tronçon jusqu’à Saint-Jean.

L’idée d’un oléoduc qui irait de l’Alberta au Nouveau-Brunswick semble de plus en plus séduisante depuis que la Colombie-Britannique a rejeté l’idée de faire passer un tel ouvrage sur son territoire pour qu’il rejoigne le Pacifique.

Les autres avantages d’un oléoduc qui se rendrait jusqu’à Saint-Jean sont la présence de la plus importante raffinerie du pays et l’accès à un port en eaux profondes.

Et il y a une certaine urgence à voir le projet se matérialiser, parce que les revenus de l’Alberta ont récemment chuté à cause d’une baisse importante des redevances pétrolières.

«À cause d’une baisse des revenus que nous obtenons pour notre pétrole, en partie parce que nous n’avons pas accès aux eaux côtières pour atteindre de nouveaux marchés, les revenus de notre province ont diminué de 6 milliards $ seulement pour cette année. C’est l’équivalent de notre budget pour l’Éducation», a expliqué Mme Redford.

En atteignant la côte Est, le pétrole albertain pourrait retrouver une valeur marchande dont le prive le marché continental dans lequel il se trouve enclavé.

Il y a quatre mois, le premier ministre s’était rendu en Alberta pour appuyer son homologue albertaine et faire une visite des sites d’extraction des sables bitumineux.