Chantier naval: les élus de Chaleur invitent Ronald Carré à faire preuve de patience

BATHURST – Reconnaissant qu’obtenir un permis environnemental ne se réalise pas du jour au lendemain, des élus de la région Chaleur espèrent toutefois que Ronald Carré, le promoteur du projet de chantier naval à Bathurst, reviendra sur sa décision.

Ronald Carré a décidé d’abandonner son projet dans la région de Bathurst parce qu’il n’a pas obtenu le feu vert, ni de promesse du gouvernement, vendredi, pour aller de l’avant avec sa construction.

Il reproche à certains fonctionnaires du ministère de l’Environnement de lui mettre des bâtons dans les roues, en lui réclamant des études d’impact environnemental.

Le député libéral de Bathurst, Brian Kenny, comprend que des critères administratifs soient imposés pour la construction de navires et de tout projet d’envergure, que ce soit au Nouveau-Brunswick ou ailleurs, et reconnaît que tout le processus peut prendre plusieurs mois.

«Une décision ne peut pas nécessairement venir dans un mois ou deux. Je ne pense pas qu’on puisse tout demander immédiatement. Dans le secteur privé, des banques et des investisseurs vont questionner votre projet, voudront voir votre plan d’affaires. Donc si vous devez obtenir un permis environnemental, c’est important de passer au travers de toutes les étapes, peu importe qui vous êtes», admet M. Kenny.

Le député Kenny, qui a reçu une lettre de M. Carré lundi, veut questionner le gouvernement sur ce qu’il est possible de faire.

«Nous voulons savoir si le ministère de l’Environnement va travailler avec lui parce que si c’est un projet réalisable, c’est très important que tout soit fait pour garder ça, surtout dans le Nord. Si le gars a un bon plan, il faut se pencher sur le dossier. Même si ça ne crée pas 1300 emplois, mais 50, 100, je pense que c’est nécessaire que le gouvernement continue de discuter avec lui pour que ce projet puisse fonctionner», déclare-t-il.

Le maire de Bathurst, Stephen Brunet, abonde dans le même sens que Brian Kenny.

«J’ai entendu dire que les portes du Cabinet du premier ministre ne sont pas fermées et que si M. Carré fournit les informations dont ils ont besoin, ils vont l’aider. C’est un projet monstre avec plusieurs exigences. Il y a des préoccupations avec la propriété de Smurfit-Stone et de son propriétaire par rapport aux taxes, selon ce que j’ai cru comprendre, mais j’espère que M. Carré n’a pas totalement abandonné et que le gouvernement va regarder à nouveau le dossier s’il obtient tous les renseignements demandés», a dit le maire.

Lundi, Ronald Carré a écrit au premier ministre. Il tâte encore le terrain au Nouveau-Brunswick.

«Si le gouvernement tient à notre projet, on sera là, mais ça ne peut plus être dans le même contexte qu’avant, parce que je regarde du côté des États-Unis. Si le premier ministre Alward me dit qu’il veut porter le dossier, je vais tout faire pour respecter l’environnement, mais je veux qu’il se mette en contact directement avec mes banquiers», indique-t-il.

Les responsables du bureau du Dévelop­pement économique n’ont pas voulu commenter le sujet puisqu’ils n’ont pas reçu ce dossier sur leur table, nous a-t-on dit.

Le projet de construction de navires sur le site de l’ancienne papetière Smurfit-Stone à Bathurst était évalué à 150 millions $.