Des emplois pour les personnes ayant un handicap à Moncton

MONCTON – Plus de 50 employeurs et 200 employés potentiels ont pris part à l’Expo carrière pour personnes ayant un handicap, à Moncton, une première au Nouveau-Brunswick.

Le taux de chômage au Nouveau-Brunswick s’élève à plus de 10 %, ce qui démontre à quel point se trouver un emploi n’est pas évident. Les défis se multiplient quand on doit convaincre un employeur d’accommoder un handicapé.

L’Expo carrière pour personnes ayant un handicap, qui a eu lieu à Moncton lundi, a donné de l’espoir à plusieurs.

«Ce qui me rassure aujourd’hui, c’est le fait que ce soit un salon carrière spécifiquement pour personnes ayant un handicap. Ce sont tous des employeurs qui sont ouverts à nous accueillir et à voir nos habiletés», a affirmé Nathalie Fougère, qui est aveugle depuis sa naissance.

La diplômée en traduction de l’Université de Moncton veut ultimement se dénicher un emploi dans son domaine d’études. Celle qui est atteinte d’une condition du nerf optique nommée hypoplasie admet que certains employeurs ne donnent pas la chance aux personnes ayant un handicap de se faire valoir.

«C’est certain qu’il y a un bon nombre de défis dans la recherche d’un emploi. Il y a certains employeurs qui ne sont pas toujours connaissants de la hauteur de nos habiletés.»

La situation est encore plus complexe pour les personnes qui ont des troubles de santé mentale. Les employeurs doivent alors avoir la volonté de s’éduquer sur la condition de l’individu.

«Un client dans un fauteuil roulant est différent d’un client bipolaire, par exemple. L’employeur doit prendre le temps de connaître ses employés afin de détecter les signes critiques et intervenir au besoin», explique Robert Picard, conseiller en emploi du ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail.

«De plus, les personnes avec de telles conditions ont souvent peur de communiquer avec leur employeur. Si elles disent à un employeur qu’elles ont un problème de santé mentale, va-t-il quand même les embaucher? Il y a encore certains préjugés.»

Plusieurs entreprises, comme celles présentes à l’expo, ont une place pour les personnes ayant des handicaps physiques ou mentaux. Certains, comme Assomption vie, recrutent activement ce genre de personnes.

«Le problème qu’on trouve tout de suite c’est qu’il n’y a pas assez de personnes ayant un handicap qui viennent nous voir. On veut qu’elles soient au courant qu’on veut les accommoder», a mentionné Amy-Lise Arse­neault, préposée aux ressources humaines chez Assomption vie.

Dawn Guiness, une des administratrices de Princess Auto, a eu une expérience positive avec un de ses employés, un homme sourd.

«Nous l’avons embauché pour travailler dans notre entrepôt. Au début, nous avons dû faire beaucoup d’ajustements pour qu’il soit en sécurité. Mais ç’a été très enrichissant. Il est bon avec les clients. Les deux côtés ont été gagnants.»

«Il est toujours avec nous, cinq ans plus tard», a-t-elle ajouté.