Nouveau colisée: la Ville de Moncton achète le terrain du Highfield Square

MONCTON – Moncton se rapproche de son objectif de donner un successeur au Colisée, tout en revitalisant le centre-ville. En dépit de réserves formulées par certains conseillers, les élus se sont prononcés à la majorité absolue pour que la Ville exerce son option d’achat du terrain sur lequel est situé l’ancien centre commercial Highfield.

La délibération n’a cependant pas fait l’unanimité, et c’est Brian Hicks qui a jeté le petit grain de sable dans les rouages de l’exercice démocratique.

Rappelant le précédent de l’ancien terrain de la compagnie Beaver Lumber, (où a été construit le nouveau Palais de justice, dans le centre-ville), dont les coûts de nettoyage et de décontamination avaient littéralement explosé par rapport aux prévisions, le conseiller du quartier 3 a demandé combien il en coûterait à la Ville pour nettoyer le site.

L’enveloppe prévue par la municipalité s’élève à 12 millions $, dont 6 millions $ pour l’achat du terrain comprenant les bâtiments existants. Le reste doit permettre de couvrir les frais de démolition et de nettoyage. Selon le directeur municipal, Jacques Dubé, la facture pour le seul nettoyage du site serait de l’ordre de 2,5 millions $.

«Je ne pense pas que quiconque puisse garantir quoi que ce soit. Il n’y a pas 100 % de garanties que nous serons en dessous ou au-delà du budget initial, mais nous apprenons des erreurs du passé», a déclaré Dubé, faisant référence au terrain Beaver.

M. Dubé dernier n’a pas su convaincre Brian Hicks.

«Pour Beaver, nous avons dû payer 10 fois plus que prévu. Nous devons savoir exactement quel sera le chiffre final. Je propose un amendement pour que la Ville ajoute que les édifices ne seront pas démolis avant que le conseil municipal adopte une motion pour construire un nouveau centre», a répondu le conseiller, soucieux de ménager l’avenir.

Une proposition qui a interpellé le conseil municipal. Le directeur général des services juridiques et législatifs, Stephen Trueman, a répondu sur ce point que l’amendement pourrait présenter le risque de compromettre l’achat tel que la Ville l’a négocié. La partie des bâtiments qui abritait l’ancien Sobeys a été vendue à un tiers, qui voudra le démolir pour rebâtir à neuf. La logique voudrait que les démolitions aient lieu en même temps.

Assortir l’option d’achat d’une nouvelle condition pourrait donc occasionner des retards dans le calendrier prévisionnel. Or, si tout se déroule bien, Jacques Dubé espère que les travaux pourront démarrer en 2015 et le nouveau centre sera inauguré début 2017. En outre, le coût d’entretien des bâtiments a soulevé un autre problème.

«Quels sont les risques de maintenir un édifice qui n’a pas été chauffé durant tout un hiver, et combien cela coûterait-il pour le maintenir en sécurité?», a demandé le maire, George LeBlanc.

M. Trueman a répondu qu’il fallait s’attendre à ce que les bâtiments soient vandalisés et occupés par des sans-abri si l’on procrastinait pour les raser. M. Dubé a ajouté que l’intention était d’entreprendre la démolition avant l’hiver prochain. Une procédure qui pourrait durer quelques mois s’il y a de l’amiante dans l’édifice.

L’amendement proposé ayant préalablement été repoussé, le conseil municipal a adopté la délibération moins la voix de M. Hicks à laquelle s’est ajoutée celle du conseiller du quartier 4, Paul Pellerin. Daniel Bourgeois était absent en raison d’un deuil familial.

Le conseil municipal a donné son aval pour procéder à la demande de soumissions pour laquelle un comité d’évaluation a retenu les firmes Bird Construction Inc. et Ellis Don Corporation.