Crise à l’U de M: André Richard et les gouverneurs sous le feu des critiques

MONCTON – Il voulait que tout le monde tourne la page, mais n’a fait que rallumer les flammes du brasier.

Quatre jours après s’être exprimé dans nos pages et à la télévision, André Richard s’attire les foudres de l’Association des bibliothécaires, professeures et professeurs de l’Université de Moncton (ABPPUM).

L’ABPPUM n’est pas contente et a décidé de le faire savoir. Dans un communiqué diffusé mardi après-midi, elle s’est interrogée sur le fait que ce soit le président du conseil des gouverneurs, André Richard, et non le recteur Raymond Théberge, qui ait réagi au nom de l’université à la publication du livre de Serge Rousselle, alors même qu’il y est nommément mis en cause.

«À nos yeux, il s’agit soit d’une usurpation d’autorité dans la chaîne hiérarchique, soit d’un manque de leadership et de responsabilité de la part du recteur, soit les deux», peut-on lire dans le communiqué, qui déplore également une stratégie d’esquive qui ne règle en rien les problèmes.

Sur les faits dénoncés par Serge Rousselle et qui remontent à 2011, l’ABPPUM estime «qu’il ne s’agit pas de “manque de consensus” sur le processus au sein de la communauté universitaire, mais bien de manquements graves et répétés aux procédures et aux principes qui devaient régir ce processus.»

La présidente élue et porte-parole de l’ABPPUM, Marie-Noëlle Ryan, a aussi signalé d’autres manquements dans le cadre d’embauches plus récentes. L’association n’a pas été consultée par le comité de sélection examinant les candidatures au remplacement de Richard Saillant au poste de vice-recteur à l’administration et aux ressources humaines.

«Normalement, dans la convention collective de l’université, l’employeur s’engage à consulter l’ABPPUM pour la sélection des cadres or cela n’a pas été fait pour le deuxième poste qui vient d’être attribué», a révélé Mme Ryan.

Les modifications apportées en mars dernier à la Politique de sélection des cadres, de même que le vote, le 8 juin, d’une résolution demandant aux membres du Conseil des gouverneurs de signer un formulaire de confidentialité, «ce qui représente précisément le contraire de la transparence», sont littéralement clouées au pilori.

Avec ce nouveau rebondissement, il apparaît difficile que l’Université de Moncton puisse, selon le voeu de M. Richard, «tourner la page sur cet épisode». En apprenant la publication du communiqué de M. Richard, vendredi dernier, le vice-président exécutif de la FÉÉCUM, Simon Ouellette, était très clair: «Si par “tourner la page” il veut dire qu’on va avoir plus de transparence et un ombudsman, c’est fantastique. Si ce n’est pas ce qu’il veut dire, c’est peut-être lui qui devrait tourner la page et remettre sa démission.»

Enfin, l’association des professeurs et des bibliothécaires s’est déclarée indignée par les propos tenus sur Facebook par le gouverneur Louis Léger à l’encontre du président de la FÉÉCUM, Kevin Arseneau. Jugeant ces derniers inacceptables, elle estime que M. Léger est, par ses fonctions, tenu à un devoir de réserves dans ses expressions publiques; devoir dont elle fait une question de principe et de moralité.

«L’ABPPUM se joint maintenant à la FÉÉCUM pour demander au recteur Théberge de veiller à la restauration de l’image et de la réputation de notre université, en commençant par la création d’un poste d’ombudsman. Nous l’invitons également à envisager une réforme du conseil des gouverneurs, afin que l’Université de Moncton atteigne enfin la maturité institutionnelle que commande l’anniversaire de ses 50 années d’existence, et dont elle a plus que jamais besoin pour affronter l’avenir.»