Les effets du Plan de réduction de la pauvreté se font attendre

FREDERICTON – Jean-Claude Basque, du Front commun pour la justice sociale, estime que peu de gens vivant dans la pauvreté ont vu une amélioration de leur situation économique depuis la mise en œuvre du Plan de réduction de la pauvreté en 2009. Il croit même que la situation s’est détériorée.

«Si on regarde au niveau des emplois créés depuis la crise de 2008-2009, il y a eu une réduction des emplois. Donc il y a eu une augmentation de la pauvreté», déclare M. Basque.

De plus, il déplore que les mesures de réduction de la pauvreté ne soient pas allées assez loin, comme en ce qui a trait au salaire minimum.
«Au niveau des gens au salaire minimum, leur revenu a augmenté de 2008 à 2012, mais il n’y a pas eu d’indexation depuis l’an passé. Donc le pouvoir d’achat des gens au salaire minimum a diminué», constate M. Basque.

Et ce n’est guère mieux pour les assistés sociaux.

«Si on regarde les statistiques de 2008 à 2012, le nombre de personnes qui vivent de l’aide sociale a augmenté», souligne-t-il.

Ainsi, malgré les augmentations de taux d’aide sociale annoncées lors du dernier budget, le but ultime de réduction de la pauvreté semble encore plus difficile à atteindre de l’avis de M. Basque.

Toutefois, la ministre des Communautés saines et inclusives, Dorothy Shephard, se montre optimiste face à ce qui a été accompli jusqu’à présent au Nouveau-Brunswick dans le domaine de la réduction de la pauvreté.

«Le Plan de réduction de la pauvreté est sur la bonne voie et a accompli des choses significatives, par exemple le régime de soins dentaires et de la vue des enfants des familles à faible revenu, qui est entré en vigueur en mars dernier. Il y a également, les hausses de taux d’aide sociale qui ont été annoncées», a précisé la ministre.

«À cela, elle ajoute les 12 réseaux d’inclusion sociale communautaire. Ces groupes ont organisé 1150 rencontres et mobilisé plus de 9000 personnes», a-t-elle ajouté.

«Nous réalisons qu’il y a encore beaucoup de travail à faire. Mais la pauvreté ne se limite pas au salaire minimum. C’est un problème bien plus complexe que cela», a estimé la ministre Shephard.

Pour sa part, le critique libéral des Communautés saines et inclusives, Donald Arseneault, croit que le Plan de réduction de la pauvreté a été bien conçu au départ, mais que le gouvernement actuel lui a mis des bâtons dans les roues en ne respectant pas ses échéanciers.

«Par exemple, le salaire minimum devait se fixer à la moyenne des Provinces de l’Atlantique en septembre 2011 et par la suite s’ajuster au coût de la vie. Aujourd’hui, le salaire minimum est à 10 $, mais il devrait plutôt avoisiner les 10,35 $», fait remarquer M. Arseneault.

Il donne aussi comme exemple de retard le régime de soins dentaires et de la vue qui, même s’il est désormais en place, a été instauré plus tard que prévu.