L’Université de Moncton fête ses 50 ans avec faste

MONCTON – Le jour même de son 50e anniversaire, l’Université de Moncton s’est offert une grande solennité à laquelle ont participé de nombreuses personnalités, pour la plupart issues de ses rangs. L’occasion de célébrer, parfois avec beaucoup de lyrisme, la contribution de l’U de M à l’Acadie moderne.

Le premier ministre David Alward, le ministre de l’Éducation postsecondaire Danny Soucy, le maire de Moncton George LeBlanc et le consul général de France Vincent Hommeril étaient aux premières loges parmi les dignitaires, ainsi que les coprésidents d’honneur des fêtes du cinquantième: Moni­que Imbeault et Herménégilde Chias­son. Le chancelier Savoie était absent.

Autour d’eux, étaient assis les principaux personnages de la grande institution: Ray­mond Théberge, André G. Richard, Marie-Linda Lord, Neil Boucher et Kevin Arseneau.

En marge d’une polémique qui a récemment fait les manchettes, l’heure était à la trêve, le coeur était à la fête.

La palme de l’envolée lyrique est revenue à Maurice Basque, talonné de près par Herménégilde Chiasson.

Le directeur de l’Institut d’études acadiennes de l’Université de Moncton a employé un vocabulaire imagé à forte teneur symbolique.

«À force de tintamarre, l’université a fait du français et de l’Acadie des réalités qui ne se murmurent plus, mais qui s’affichent haut et fort sur la place publique. En réalité, l’Université de Moncton est devenue pour les francophones de la province et du pays un véritable mascaret en ce sens qu’elle a été et continue d’aller à contre-courant de l’histoire, en démontrant que vivre, s’exprimer, étudier, réfléchir et écrire en français, au Canada et dans le monde contemporain, n’appartient plus à l’univers de l’impossible.»

Comme pour le prouver, deux élus ayant l’anglais pour langue maternelle ont, avec leur accent aux résonances britanniques, offert leurs félicitations dans la langue de Molière.

«L’Université de Moncton est un leader important dans notre province. Forte de sa mission rassembleuse, elle contribue de façon remarquable à l’essor et au rayonnement de l’Acadie, de sa culture, de sa langue et de ses valeurs», a affirmé le premier ministre David Alward.

Pour le maire George LeBlanc, «la ville de Moncton ne serait pas la même sans l’Université de Moncton. Cette institution a changé à tout jamais le visage de notre ville.»

Raymond Théberge a, pour sa part, souligné les nombreuses contributions de l’institution qu’il dirige avec une anaphore. Au lieu d’énumérer les grandes réalisations de l’établissement, il a invité le public à imaginer ce que seraient la société acadienne et la province du Nouveau-Brunswick sans la présence de l’Université de Moncton depuis 50 ans.

«Que serait l’Acadie si l’Université de Moncton n’avait pas formé tous ces juristes qui permettent d’avoir accès au droit en français? Où en serions-nous avec la défense de nos droits linguistiques sans la vigilance de ces femmes et de ces hommes de droit formés chez nous?»

«Qu’il s’agisse du monde des affaires, du secteur de la santé, des sciences, des lettres et des arts, l’Acadie ne serait tout simplement pas la même si l’Université de Moncton n’existait pas», a-t-il conclu.

Toutefois, le point pivot de son discours fut l’évocation des valeurs qui sont au coeur de l’actualité de l’U de M et des revendications de la plupart de ses membres (lire article en page 3).

La cérémonie était retransmise en direct par visioconférence avec les campus d’Edmundston et de Shippagan.

Elle a commencé à l’extérieur du pavillon Jeanne-de-Valois avec le lever du drapeau de l’université au son de l’hymne national acadien, entonné par Lisa Roy.

Pour clore la cérémonie protocolaire comme elle avait commencé, sur une chanson, la doyenne de la Faculté des arts et des sciences sociales, célèbre soprano, a aussi chanté la chanson thème de l’Université de Moncton créée il y a 25 ans par Calixte Duguay.