Rivière Petitcodiac: vote unanime pour la fin des travaux d’enrochement

MONCTON – Les conseillers de la ville de Moncton n’ont pas suivi la recommandation du directeur municipal. Ils ont voté à l’unanimité pour l’arrêt de l’enrochement des berges de la rivière Petitcodiac.

«Laissez la rivière couler naturellement, c’est ma position», a lancé le conseiller Daniel Bourgeois mercredi après-midi, lors d’une réunion extraordinaire sur le sujet à l’hôtel de ville.

Il s’agit d’une décision historique du conseil municipal selon Daniel LeBlanc, porte-parole de Sentinelles Petitcodiac.

«C’est une décision historique pour la communauté de Moncton de prendre la responsabilité de s’occuper de son quartier riverain historique et d’offrir à nouveau à la population, après 40 ans de négligence, un accès sécuritaire à la rivière», a confié l’ancienne sentinelle de la Petitcodiac.

Dans son rapport, le directeur municipal, Jacques Dubé, recommandait que la province poursuive l’enrochement le long des berges de la rivière Petitcodiac, près du centre-ville de Moncton, afin de freiner l’érosion et protéger les structures, dont deux belvédères, qui enjambent le sentier et la rivière.

Depuis l’ouverture des vannes du pont-jetée en 2010, la rivière retrouve son flot inné et apporte les sédiments de boue qui recouvrent les berges d’argile du cours d’eau. Des berges, sur lesquelles passait autrefois un chemin de fer, sont par ailleurs très solides d’après M. LeBlanc et le chef d’ingénierie de la municipalité, Jack MacDonald.

Cette érosion naturelle a commencé à révéler un ancien quai qui pourrait avoir une valeur archéologique. C’est là un des arguments qui a convaincu le conseil municipal de voter contre l’enrochement des berges.

«Je crois que les résidants de Moncton veulent un accès à la rivière et non pas un enrochement qui s’étale sur l’ensemble des berges de la rivière», a affirmé le conseiller Pierre Boudreau.

Le service juridique de la municipalité a toutefois mis en garde les membres du conseil sur les risques légaux auxquels s’expose la Ville. La municipalité devrait entre autres signer une entente d’indemnité avec le gouvernement provincial pour le libérer des risques entraînés par l’érosion des berges.

«D’un point de vue légal, on ne peut tout simplement pas recommander que la municipalité prenne ce fardeau sur ses épaules», a déclaré Me Anne Caron, du service juridique de la municipalité.

Cela n’a pas effrayé le conseiller Charles Léger, croyant que la nature devait l’emporter.

«J’apprécie l’opinion du service juridique. Cependant, de mon point de vue, c’est un risque calculé. On devrait laisser la nature suivre son cours», a précisé le conseiller.

Les belvédères du sentier riverain de la Petitcodiac devront être renforcés pour que leur structure puisse résister au nouveau rythme du courant et à l’érosion.

Le rapport de la firme embauchée par la Ville suggère qu’il pourrait en coûter 375 000 $ pour solidifier ces structures alors que la firme retenue par Sentinelles Petitcodiac soutient que d’autres options pourraient être analysées et seraient probablement beaucoup moins dispendieuses.

Une motion du conseiller Pierre Boudreau – la même qui a été approuvée à l’unanimité par le conseil pour l’arrêt de l’enrochement – mandate d’ailleurs la municipalité d’évaluer ces autres options qui comprend entres autres des travaux d’excavation. Il a aussi été suggéré que la Ville tente d’obtenir du gouvernement provincial le montant prévu pour la construction du perré (structure qui protège les berges) évalué à 430 000 $.