L’Institut de Memramcook fait faillite

MEMRAMCOOK – Incapable de surmonter ses difficultés financières, le conseil d’administration qui gère l’Institut de Memramcook ne peut plus payer les salaires de ses employés et a prononcé la faillite. Tandis que les élus libéraux pointent du doigt les gouvernements conservateurs provincial et fédéral, Claude Williams défend l’implication de Fredericton.

«C’est une situation désastreuse. Je sympathise avec les employés qui viennent de perdre leur emploi», a confié le maire de Memramcook, Donald O. LeBlanc.

Pour le député provincial de Memramcook-Lakeville-Dieppe, Bernard LeBlanc, la Vallée de Memramcook vit sa journée la plus triste depuis des années. L’annonce de la faillite du complexe de formation et centre de villégiature met quelque 80 employés au chômage.

L’Institut, en transition financière depuis 2012, est confronté à une dette cumulée de plus de 4 millions $ et ne peut plus payer ses frais fixes. Dans une déclaration diffusée vendredi après-midi, le député libéral fédéral Dominic LeBlanc a mis directement en cause le gouvernement Alward.

«Je peine à comprendre le refus du gouvernement du premier ministre Alward de soutenir l’Institut de Memramcook au travers de cette transition financière. La responsabilité de ce dénouement terrible pour le village, ainsi que pour les gens de Memramcook, appartient au gouvernement conservateur provincial.»

Une accusation aussitôt réfutée par le ministre des Transports et de l’Infrastructure, Claude Williams, dont le département ministériel a compétence dans le dossier. Fleuron historique de la Vallée de Memramcook, la bâtisse de l’ancien Collège Saint-Joseph, de même que les terrains de golf et de soccer attenants, appartiennent à la province qui les loue à la corporation pour un dollar symbolique.

«Le député fédéral devrait regarder l’ensemble du dossier, a déclaré le ministre à l’Acadie Nouvelle. Ce n’est pas la province qui gère l’Institut, mais la corporation sans but lucratif. Si celle-ci ne peut pas s’acquitter de sa responsabilité financière, il ne faut pas blâmer le gouvernement.»

Claude Williams rappelle que le gouvernement provincial a prêté l’an dernier 850 000 $ à la corporation pour l’aider à une nouvelle transition.

«Un an après, on est toujours aux prises avec les mêmes difficultés financières. Si on regarde les cinq dernières années, le gouvernement a investi dans la gestion des opérations au-delà de 2,7 millions $, et au-delà de 4 millions en investissement de capital. Il est faux de dire que la province n’a jamais voulu aider l’Institut.»

Les coûts fixes de l’Institut s’élèveraient chaque année à 650 000 $. La facture de chauffage et d’électricité de l’édifice de 165 000 pieds carrés pèse très lourd dans le budget, parfois jusqu’à 500 000 $. Une injustice pointée du doigt par le député provincial et le maire.

«On subventionne les collèges communautaires et les universités, pourquoi on ne subventionnerait pas l’Institut de Memramcook que l’on mandatait pour donner de la formation aux adultes ?», s’est interrogé Donald LeBlanc.

De plus, le manque à gagner résultant de la perte récente d’un contrat fédéral n’a pas arrangé la situation budgétaire de l’organisme.

«Au lieu d’aider à sauver l’Institut, le gouvernement de M. Harper a également refusé de travailler avec l’Institut afin de protéger l’entente de longue durée qu’il avait avec Service correctionnel Canada», a martelé le député de Beauséjour. L’institut a suspendu ses activités. La province va mobiliser du personnel pour assurer l’organisation des mariages prévus à l’institut, et gérer le terrain de golf pour la durée de la saison.

Le maire a confirmé que le gouvernement provincial allait mettre en place un comité pour examiner comment assurer la pérennité des missions de l’institut. Le maire a confirmé que le gouvernement provincial allait mettre en place un comité pour examiner comment assurer la pérennité des missions de l’institut, notamment éducatives.