Saison médiocre pour les producteurs de fraises

VILLAGE-BLANCHARD – Si les fraises sont toujours aussi populaires, le petit fruit rouge se fait plus rare cette année. Les conditions météorologiques dans le nord de la province ont entraîné cet été des récoltes moins abondantes.

Un rapport publié le 15 juillet par le ministère de l’Agricultre, de l’Aquaculture et des Pêches du Nouveau-Brunswick soutient qu’un manque de pluie en serait la principale cause.

Le même rapport nous apprend qu’un seul millimètre de pluie est tombé dans la région de Bathurst du 1er au 15 juillet. En 2012, 122 millimètres de précipitations étaient tombés dans la même région.

Joël Rioux, gérant des Délices de la Fraiserie, à Village-Blanchard, près de Caraquet, parle d’une saison décevante. Il a perdu environ le tiers de sa production. Bien que le temps chaud et sec de cet été demeure l’une des raisons principales de cette mauvaise récolte, l’absence de neige et le froid extrême cet hiver sont également en cause.

«En janvier, il a fait très froid, il n’a pas neigé et il a venté fort. Il avait même eu de la pluie à un moment donné. Quand il mouille et il n’y a pas de neige sur les champs, automatiquement, ça recouvre le sol de glace et les plantes meurent», explique l’homme de 33 ans.

«Dans les autres champs, les plants qui ont survécu ont été affaiblis, dont ils n’ont pas produit comme ils étaient censés le faire.»

Malgré tout, Joël Rioux reste serein. Au début des années 1970, les champs de son père Euclide, également producteur de fraises, avaient été frappés de plein fouet par une tempête hivernale.

«En agriculture, tu peux travailler toute l’année, mais en fin de compte, c’est la nature qui va déterminer le sort des récoltes. Même si tu travailles 12 heures par jour, c’est elle qui a le dernier mot.»

Chez les Serres Chez Eugène, à Lamèque, le constat est semblable. Producteur de plusieurs différents types de fruits et légumes, dont des fraises, le propriétaire Eugène Chiasson a déjà connu de meilleures années. Il qualifie sa récolte de fraises de «moyenne».

«On a eu assez de pluie au début, mais pas assez lorsque les fruits ont commencé à prendre forme. Au lieu d’être ouvert tous les jours, j’étais ouvert seulement deux avant-midis par semaine. J’avais assez de clients pour tout ramasser ça. Pour les gens de la Péninsule qui achètent les fraises déjà ramassées, à moins qu’ils en achètent du Québec ou d’ailleurs, ils n’ont pas dû en avoir beaucoup», dit-il.

Tout n’est pas perdu et il prévoit une bonne cueillette de légumes, malgré un léger retard d’une dizaine de jours.

Eugène Chiasson croit que ces changements de température font partie d’une nouvelle réalité avec laquelle il faudra composer.

«Depuis quatre ans, je ne trouve plus que c’était comme avant. Je m’aperçois qu’en général, les printemps sont plus pluvieux et les étés plus chauds. Ça fait 30 ans que je suis dans le domaine et présentement, c’est un peu en dehors de la normale.»

JUSQU’À 80 % DE PERTES DANS LE NORD-OUEST

EDMUNDSTON – La récolte de fraises est aussi bien maigre dans le Nord-Ouest cette année, certains agriculteurs subissant jusqu’à 80 % de pertes.  Le temps sec des dernières semaines limite la taille des fruits. De nombreux agriculteurs du Madawaska ont également subi des pertes à cause du gel cet hiver. «J’ai perdu environ 80 % de ma production de fraises», affirme Mario Bonenfant, propriétaire de la Ferme Bon Accueil, située dans le District de services locaux de Saint-Basile. «Deux de mes champs de fraises ont gelé l’hiver dernier parce qu’il n’y avait pas assez de neige, alors j’en ai seulement deux autres qui ont produit des fruits. Après ça, à cause du temps sec, elles sont restées petites et elles ont mûri comme ça», ajoute-t-il. La pluie de mai, soit au moment de la floraison des fraisières, aurait aussi affecté la pollinisation puisque les abeilles sont restées à l’abri des précipitations. – OR

 

LES AUTRES PETITS FRUITS S’EN TIRENT MIEUX

EDMUNDSTON – Les framboises semblent avoir mieux survécu aux intempéries. À Drummond, Samuel Beaulieu estime que la récolte devrait être rentable, même si le rendement de ses champs de framboises est légèrement en deçà de la moyenne.
Quant aux bleuets, MM. Beaulieu et Bonenfant estiment que la saison s’annonce bonne. M. Beaulieu a déjà commencé à les récolter, tandis que la cueillette devrait commencer cette semaine à la Ferme Bon Accueil. En mai, un porte-parole de l’Alliance agricole du Nouveau-Brunswick a exprimé des craintes par rapport aux risques de maladies pour les petits fruits. Bernard Savoie craignait que les produits chimiques utilisés par les fermiers pour protéger les plantes n’aient pas eu le temps de sécher avant la pluie. Les maladies ne semblent toutefois pas avoir affecté les agriculteurs rencontrés par l’Acadie Nouvelle. Selon le compte rendu du ministère de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches, les deux virus qui ont affecté la Nouvelle-Écosse l’an dernier n’ont pas encore été détectés au Nouveau-Brunswick. – OR