La surveillance des eaux de baignade laisse à désirer

CARAQUET – Rares sont les plages au Nouveau-Brunswick où la qualité sanitaire des eaux de baignade est l’objet d’une véritable surveillance.

Les plages et les loisirs nautiques comptent parmi les principaux atouts touristiques du Nouveau-Brunswick, mais les eaux de baignade ne font pas vraiment l’objet d’une surveillance très serrée. Il n’en a pas toujours été de même reconnaît Denis Allard, le médecin-hygiéniste en chef adjoint du Nouveau-Brunswick.

«La Santé publique a déjà fait des tests dans le passé, il y a une dizaine d’années de cela. Pendant l’été, ils (les responsables du ministère) engageaient des étudiants pour aller sur certaines plages et faire des tests occasionnels de la qualité de l’eau. Ça fait déjà un certain temps qu’on ne fait plus ça», reconnaît-il.

Aujourd’hui, la surveillance, qui est pourtant recommandée par Santé Canada, se limite à sa plus simple expression.

«Ce qu’on fait maintenant, c’est quand on a des plaintes de gens qui pensent que la qualité de l’eau où ils se baignent pourrait être un problème, on peut faire une enquête. Si on pense que c’est justifié, on peut tester l’eau», explique le Dr Allard.

Il nuance néanmoins cette règle en précisant qu’à certains endroits de la province, des parcs provinciaux ou des plages privées réalisent leurs propres tests pour rassurer leurs clients.

C’est le cas par exemple de la plage Parlee à Shediac où des tests sont effectués chaque matin, selon l’information communiquée par le ministère du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture.

«Les résultats sont ensuite affichés à l’entrée de la plage», explique Alix Saulnier, la porte-parole du ministère. Si les résultats laissent exceptionnellement à désirer, le public en est informé et il a le choix de faire trempette ou pas. En de très rares occasions, la plage peut être également fermée.

Quant à savoir pourquoi le programme de surveillance à grande échelle a été abandonné par la province, la raison semble tout simplement financière.

«On doit faire un choix bien justifié sur la façon dont on va dépenser l’argent pour le mieux-être du public», avance le médecin-
hygiéniste en chef adjoint qui n’était pas dans la province au moment où cette décision a été prise.

Cause ou conséquence, les signalements ne sont pas très nombreux.

«On en a eu très peu ces dernières années», assure le Dr Allard qui garde en mémoire un épisode où la fermeture de la plage Parlee avait été nécessaire pendant quelques jours.

Le médecin considère que la situation ne met pas en danger la santé publique.

«On a quand même un programme systématique de surveillance des maladies qui pourraient résulter d’une exposition aux bactéries dans l’eau. Si on détecte à un moment donné une éclosion dans un endroit donné et après enquête on constate une exposition commune sur une plage, on va enquêter à ce moment. Il y a tout de même des façons de détecter certains signaux qui nous alerteraient s’il y avait un problème», soutient le Dr Allard.

DES RISQUES DE CONTAMINATION

CARAQUET – Il n’en reste pas moins que les risques de contamination des eaux de baignade le long du littoral néo-brunswickois existent bel et bien.

«Quand il y a de fortes pluies, ça peut amener de la contamination à partir du sable de la plage qui pourrait être souillé par des chiens. Les besoins qu’ils font sur la plage peuvent être entraînés dans l’eau» dit le médecin-hygiéniste en chef adjoint du Nouveau-Brunswick, Denis Allard.

C’est d’autant plus vrai que les panneaux interdisant l’accès aux chiens sur les plages les plus fréquentées sont loin de dissuader certains propriétaires.

Les déversements accidentels d’eaux usées dans les cours d’eau qui aboutissent à la mer après de fortes pluies sont aussi à prendre en considération.

Fort heureusement, les conséquences du relâchement de la surveillance semblent pour l’heure assez limitées. Dermatologue au Centre hospitalier universitaire Dr.-Georges-L.-Dumont de Moncton, le Dr Alain Bolduc relativise le risque pour une personne d’être rendue malade après avoir été en contact avec les eaux de baignades de la province.

«C’est rare de voir des dermatoses qui sont reliées aux eaux, remarque le médecin, ce qu’on voit le plus souvent ce sont des allergies aux algues ou des réactions aux méduses.» – PiL