Homard: grogne sur les quais, prises de bec à Pointe-Sapin

POINTE-SAPIN – Les homardiers de Kent et du Sud-Est ont connu un début de saison relativement calme, samedi. Seule exception: le quai de Pointe-Sapin, où des conflits ont surgi autour de la question des limites quotidiennes des prises.

Les homardiers du détroit de Northumberland (zone 25) ont pris la mer, samedi. Si la journée s’est relativement bien déroulée, les problèmes qui touchent l’industrie sont prévalents dans l’esprit des pêcheurs.

«C’était bon. C’était semblable à l’an dernier, au quai de Richibucto c’était assez calme», assure le homardier Eugène Robi­chaud.

«La limite de homards qu’on peut pêcher par jour est limité, et on ne connaît pas le prix du homard. Je ne pense pas que c’est meilleur que l’année passée», a fait savoir pour sa part André Haché, un pêcheur de Kouchibouguac.

La quantité de homard dans les eaux est semblable à l’an dernier, mais la quasi-totalité des pêcheurs s’est vu imposer une limite quotidienne de 800 livres. Certains homardiers ont dû laisser jusqu’à la moitié de leurs prises à l’eau.

À Pointe-Sapin, la tension a monté samedi autour de la limite de prises quotidiennes.

Une dizaine de pêcheurs ont pu pêcher sans entrave puisque leur acheteur fait seulement affaire avec un petit nombre de homardiers.

Cela frustre les quelque 70 autres homardiers du quai, qui sont limités à 800 livres par jour. Le homard non pêché peut être récupéré par le petit groupe de pêcheurs privilégiés.

«Ce qui se passe, c’est qu’il y en a qui ne peuvent pas amener assez de homard, alors qu’il y en a d’autres qui en amènent plus. Ça fait une chicane entre eux», a fait savoir Serge Sippley, qui pêche le homard au quai d’Escuminac le printemps.

«Ce n’est pas fini non plus, ça va être pire lundi», a-t-il ajouté.

Quant au prix que recevront les pêcheurs pour leurs homards, il n’y a toujours rien de confirmé par les acheteurs. Les pêcheurs pourraient avoir à attendre jusqu’à deux semaines avant de connaître la valeur du crustacé.

«On n’a pas de prix, et je trouve que ça n’a pas de bon sens, a lancé M. Haché. Si tu vas voir pour un emploi, ils te disent combien tu vas être payé avant que tu commences.»

«De plus, tout coûte plus cher, a-t-il ajouté. La première journée, j’ai mis plus de 600 $ de gaz (carburant), puis je suis seulement bon pour deux jours. De plus, il faut que tu paies ton gars pour la semaine, et la bouette (l’appât). Puis là, ils nous limitent à 800 lb? Je ne sais pas où on s’en va avec ça.»

Selon le pêcheur de Kouchibouguac, il y a des individus qui aimeraient sortir de la pêche, étant donné qu’elle n’est plus rentable. Cependant, ils ne seraient pas capables de trouver d’acheteurs pour leurs permis et leur équipement.