Sommet SANB-Alward: immigration, langues officielles et éducation au menu

MONCTON – L’immigration, les langues officielles et l’éducation sont au sommet des priorités dont la SANB souhaite discuter avec le premier ministre David Alward lors de leur rencontre bilatérale annuelle, mercredi.

Le premier ministre et ses ministres responsables des dossiers d’importance pour les Acadiens sont attendus à Saint-Quentin la veille de la Fête nationale de l’Acadie.

Comme le veut la tradition, le chef du gouvernement provincial rencontrera la délégation de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick avec à sa tête la présidente de la SANB, Jeanne d’Arc Gaudet.

Malgré des avancées manifestes, les préoccupations et les besoins de la communauté acadienne restent nombreux, avance Mme Gaudet. La piètre performance de la province en matière d’immigration francophone notamment inquiète la SANB.

Parmi les immigrants qui choisissent le Nouveau-Brunswick, seulement 12 % seraient francophones selon Mme Gaudet. Il y a loin du 33 % visé par Fredericton, qui est d’ailleurs insuffisant selon la présidente de la SANB.

«Pour nous, le 33 % ne veut rien dire. On devrait augmenter considérablement cette cible dans un souci d’équité», affirme-t-elle sans hésitation.

Le projet de loi modifiant la Loi sur les langues officielles a beau avoir reçu la sanction royale le 21 juin, le dossier est loin d’être clos, poursuit Jeanne d’Arc Gaudet.

Le gouvernement, soutenu par l’opposition, a choisi de ne pas légiférer davantage concernant la langue de travail des fonctionnaires, déplore Mme Gaudet.

«Nous avons été très déçus que la langue de travail (dans la fonction publique) n’ait pas été retenue comme étant un aspect de la loi qui aurait dû à notre avis être modifié. Nous voulons savoir ce que le gouvernement va faire d’ici les huit prochaines années», explique-t-elle.

La loi modifiée prévoit que la prochaine révision de la loi devra être complétée dans huit ans. D’ici là, le gouvernement a l’obligation légale d’élaborer un «plan de mise en application» des buts et objections de la loi, pour assurer notamment «l’égalité de statut des deux communautés linguistiques».

«Nous voulons connaître le plan du gouvernement et savoir aussi ce qu’il va faire pour sensibiliser les anglophones et les francophones à cette Loi sur les langues officielles», indique la présidente de la SANB.

L’éducation francophone et la petite enfance seront une fois de plus un incontournable lors du rendez-vous avec le premier ministre, mercredi.

La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick souhaite s’assurer que le rapport de l’économiste Pierre Marcel Desjardins sur le financement de l’école francophone ne demeure pas sans réponse.

«(Pierre Marcel Desjardins) est arrivé à la conclusion que ça nous prend un budget additionnel de 11 millions $ pour faire le rattrapage dans l’école francophone et pour s’assurer qu’elle puisse jouer son rôle de passeur culturel», rappelle Jeanne d’Arc Gaudet.

La situation économique de la province reste précaire, mais «l’équité, c’est un investissement à mon avis, ce n’est pas une dépense», avance la présidente de la SANB.

Élue à la présidence de l’organisme en juin, Mme Gaudet a tout de même l’habitude de ce genre de rencontre avec le gouvernement. À titre de vice-présidente à la participation citoyenne au sein de la SANB, elle était de la réunion de l’an dernier avec David Alward à Saint-Louis-de-Kent.

«Ce sont de belles rencontres. Je dois dire que lorsque nous sommes sortis de cette rencontre (l’année dernière), nous avons senti que nous étions écoutés. C’est très cordial et très respectueux. Très transparent aussi», note-t-elle.

«Est-ce que l’on nous donne toujours gain de cause? Vous comprenez que ce n’est pas toujours le cas. Il faut toujours continuer et demeurer vigilants. Nos priorités et leurs priorités parfois ne sont pas rendues à la même place», observe Jeanne d’Arc Gaudet.

LES SUJETS DE DISCUSSION NE MANQUENT PAS

MONCTON – Nombreux sont les sujets qu’ont l’intention d’aborder les représentants de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick lors de leur rencontre avec le premier ministre David Alward, mercredi.
Les deux groupes échangeront entre autres de l’information sur la poursuite judiciaire de la communauté acadienne à l’endroit du gouvernement dans l’affaire du redécoupage électoral.
La SANB et l’Association francophones des municipalités du Nouveau-Brunswick ont annoncé le mois dernier qu’ils poursuivaient le gouvernement pour ses manquements constitutionnels allégués dans la révision de la Loi sur la délimitation des circonscriptions électorales et la représentation. Les Acadiens estiment avoir perdu considérablement de poids politique dans la nouvelle carte électorale redessinée.
«Le gouvernement est déjà au courant que l’on est en route vers la contestation judiciaire. Nous allons avoir une discussion sur ce que ça représente pour les parties», précise la présidente de la SANB, Jeanne d’Arc Gaudet, lundi.
L’organisme tentera aussi d’obtenir du gouvernement davantage de précision sur le forum de concertation Les voix des femmes du Nouveau-Brunswick créé en mai dernier pour remplacer le Conseil consultatif sur le statut de la femme qui avait été aboli par le même gouvernement.
«Comment ce forum-là va fonctionner et quelles sont les sommes affectées? Ils prennent tout leur temps à annoncer ces détails», déplore Mme Gaudet.
Le transfert de la responsabilité de la francophonie et des langues officielles au sein des Affaires gouvernementales d’un sous-ministre vers un sous-ministre adjoint inquiète aussi la SANB qui entend en discuter avec le premier ministre, mercredi.
«Pour nous, c’est un message qui est envoyé comme quoi (la francophonie et les langues officielles) ne sont pas très importantes. Nous percevons cela comme une perte de pouvoir», atteste Jeanne d’Arc Gaudet.
Finalement, la SANB espère que le gouvernement partagera avec elles ses intentions au sujet de l’Institut de Memramcook, un édifice d’une grande valeur historique et sentimentale pour le peuple acadien.
La corporation qui gérait les activités du bâtiment qui appartient à la province a déclaré faillite plus tôt cet été. – MRC